FCF-Rétrovision 3

FCF-Rétrovision 3 est la suite de mes délires en images de la vie d'un canton imaginaire au fil des sorties de voitures miniatures dans les collections presse ou autres.

20 novembre 2013

La ligne rouge

Au bistrot Le Panari d’Horteils, le 12 novembre à 22 h 00. Juste avant sa fermeture.

 

Alors que le patron termine sa grille de mots croisés derrière son comptoir, deux fidèles clients discutent au fond de la salle. Le  Maréchal des Logis Chef Le Croquant, de la brigade de gendarmerie de Cernés et l’inspecteur Fillotte du petit commissariat de Piay.

 

_ Alors Le Croquant ! Tu peux me parler de l’affaire Ribambel ?

_ Celle où le mari avait retrouvé l’amant de sa femme mort devant chez lui et sa femme, morte elle aussi, dans le jardin ?

_ Ouais.

_  Cela s’est passé, il y a plus de vingt ans. C’était à mes débuts.  Mais je m’en rappelle comme si c’était hier.

_ Et pourquoi ça ?

_ Parc’ qu’ j’ai su tout de suite c’était lui qui avait fait le coup. Lui qui avait tué l’une et l’autre. Mais c’était aux enquêteurs de l’élucider.

_ Pourquoi ? Tu n’étais pas sur le coup ?

_ Non, j’ suis pas sur celle-ci. Je débutais et je m’occupais alors des vols de métaux.

_ Mais, pourquoi avait-il fait ça ?

_  Cet homme n’était jamais chez lui. Son travail l’accaparait du matin au soir, et même du soir au matin. Un peu comme nous.

_ Fallait bien que sa femme se distraie, non ?

_ Ça se voit que t’es célibataire Fillotte, pour penser ainsi. Tu dois profiter de l’absence des autres, toi aussi.

_ Le Croquant !

_ Je plaisante, Fillotte, je plaisante.

_ Admettons !

_ En tout cas, il avait un mobile. Il était cocu.

_ Oui, et pas qu’une fois, parait-il.

_ Affirmatif ! Sa femme collectionnait les conquêtes, comme moi les timbres poste.

_ Elle les épinglait ?

_ Quoi ?

_ Je plaisante, moi aussi…  Et selon toi, comment s’y est-il pris, pour les tuer tous les deux ? Sans être vu ?

_ Son bureau n’était qu’à moins de vingt minutes de chez lui.

_ Et alors ?

_ Ça lui aurait demandé près d’une heure pour faire l’aller-retour et leur régler leur compte.

_ Et ?

_ Il ne s’est jamais absenté plus d’une demi-heure ce jour là, en dehors de la coupure de midi où il avait un repas d’affaires.

_ Alors comment en es-tu arrivé à le soupçonner ? C’est bien ce que tu m’as dit ?

_ Euh ? Oui, oui. Je pensais que c’est lui qui les avait tués.

_ Alors, je te repose ma question : Comment a-t-il opéré ?

_ Faut bien connaître le pays ça.

_ Alors, explique !

_ V’la. Tu vois comme sont les rues de Consurt lès Bord ?

_ Hum, ouais. Mais précise.

_ Quand tu viens de Cernès et que tu veux aller à Machouil, tu arrives par la rue du Général de Gaulle, puis tu prends à gauche la rue Jean Jaurès et, encore à gauche, la rue Jules Ferry.

_ Ouais, et alors ?

_ Mais si tu viens Lézieux, tu vas tout droit.

_ Exact, mais j’ vois pas où ça te mène.

_ Ben, pourtant t’as ta réponse sous les yeux.

_ Pourtant j’ vois quedal . J’ suis en plein brouillard.

_ J’l’ vois bien, qu’ t’es dans la panade.

 

Et se tournant vers la patron,

_ Maurice, tu peux nous remette ça ?

_ Ouais, mais c’ sera la dernière, je ferme à la demie.

_ Pas d’ problème. Tu nous connais.

_ Oh, ouais. Que trop…

 

_ Je t’explique… La maison des Ribambel se trouvait rue Jean Jaurès. C’était la grande propriété qu’est sur ta gauche rue du Général, juste avant de prendre la rue…

_ Celle au parc ?

_ Affirmatif.

_ Ça m’avance pas beaucoup.

_ Mais si, tu vois voir.

_ Alors accélère sinon le Maurice va nous foutre dehors avant qu’t’ais accouché.

_ Maintenant, quand t’es dans la Grande rue et qu’ tu vas à Machouil, tu passes devant les anciens bureaux de Ribambel.

_ Et ?

_ Le père Ribambel disait mettre un peu plus de vingt minutes à pieds pour se rendre de chez lui à son bureau ou pour en revenir.

_ Et ?

_ Tu commences à m’agacer avec tous tes « Et ? »

_ T’as qu’à aller plus vite.

_ D’accord, d’accord, j’accélère. Mais gaffe à l’excès de vitesse. C’est limité à 30 dans le patelin.

_ Toujours le mot pour rire, Emile.

_ Faut ben. J’e disais donc que le père Ribambel affirmait qui lui fallait au bas mot, disons 25 minutes pour aller de chez lui à son bureau. Ou en revenir… Et bien moi, j’ t’ dis qu’il pouvait mettre beaucoup moins que ça… Et c’est ce qu’il a fait. Vu que c’était un gars du pays.

_ Ah !

_ Même moi, qui n’était à Cernès que depuis cinq ans, j’ connaissais son truc.

_ Et c’était quoi, son truc ?

_ Une traboule, comme y disent à Lyon. J’en utilisais une dans mon enfance à St Rambert en Bugey pour relier le quai de l’Albarine à la rue Centrale. Et comme celle de Consurt, elle avait un coude en son milieu. Ce qui la rendait très discrète. Elle reliait – et relie encore aujourd’hui - la rue Jean Jaurès à la Grande Rue presqu’en face de ses bureaux.

_ Et tu penses qu’il était passé par là ?

_ J’ n’ vois que cette solution pour être chez lui en moins de cinq minutes. Là il surprend les amants sur le fait et les abats tous les deux.

_ Sauf qu’on les retrouvera à l’extérieur de la maison.

_ Affirmatif. L’amant a pu courir jusqu’à la rue où il s’est écroulé, expirant. Par contre, c’est lui qui a transporté sa femme le long des grilles.

_ Très intéressante, ton histoire. M’ fais penser à mon Commissaire.

_ Quoi ? Tu m’intrigue à ton tour.

_ Ben quand on l’appelle chez lui, il nous répond qu’il sera au commissariat dans un quart d’heure et nous le voyons accourir en moins de trois minutes. Il doit avoir lui aussi un passage secret.

_ Peut-être.

 

C’est le moment que choisit Maurice pour lancer son célèbre : _On ferme !

_ Allez, à demain patron.

 

 

Et quelques jours plus tard, à l’heure de rentrer chez soit, le Commissaire Mortier demande à l’inspecteur Fillotte de le ramener chez lui avec la voiture de service. La nuit est tombée depuis un moment. Et l’éclairage public est des plus parcimonieux.

 

Mais avant de poursuivre, je me dois d’apporter la précision suivante. Le Commissaire Mortier, de son nom complet Mortier de Canon du Fort, habite depuis quelques mois une belle propriété bourgeoise, au fond d’un parc, appartenant à sa maitresse, Eglantine Jepic.

 

Alors que la voiture approche de l’entrée de la propriété, le faisceau des phares accroche une masse allongée près de celle-ci. L’inspecteur Fillotte descend de voiture et s’approche. Il découvre avec stupeur un corps immobile avec deux impacts de balles dans le dos.

 

_ Merde. On dirait Jepic, lui lance le Commissaire Mortier en s’approchant à son tour.

_ Z’avez une bonne vue Patron, lui réplique Fillotte en se retournant. Faut appeler du renfort.

_ Venez téléphoner de la maison. Ça sera plus sûr que la radio.

_ C’est vous le chef, Patron !

 

Ils remontent dans la Traction et franchissent les grilles ouvertes mais ne vont pas loin. Brutal coup de frein.

_ Et re merde, lance cette fois-ci l’inspecteur Fillotte. J’ crois qu’y en a un autre.

_ Où ça ?

_ Sous le sapin.

 

Effectivement, il y a le corps d’Eglantine Jepic qui git sur la pelouse.

 

_ C’est le pompon s’écrit le Commissaire Mortier, tout en conservant un calme apparent. Faut téléphoner au plus vite.

_ Non, Commissaire, je crois que je vais me servir de la radio.

_ Mais pourquoi ?

_ Parce que vous avez franchi la Ligne rouge. Voila pourquoi je vous arrête.

 

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17 septembre 2012

Réveil matin !

Aujourd’hui tous les jeunes sont blasés dès leur enfance. Plus rien ne les émerveillent ou fait rêver. Mais il n’y a pas encore si longtemps, sans remonter à notre génération, il y avait encore une telle part de rêverie possible. Pour cette histoire, remontons donc un peu le temps pour arriver dans les toutes premières années 1980. Internet n’étendait pas encore sa toile et il y avait encore un peu de mystère même juste à côté de chez vous.

 Par une belle fin d’après midi de juillet Maurice Deuvot et ses copains venaient de déposer leurs sacs à dos sur le quai de la gare de Saint Rambert en Bugey.

_ Tu vois la maison grise et carrée, là-bas au fond, dit-il à son amie Renée, en montrant une des dernières maisons du village, c’est là que j’ai habité dans les années cinquante.

Puis levant la tête et invitant les autres à en faire autant.

_ Et au-dessus de nous, il y a le « Petit chêne » juste au bord de la falaise. Mais on ne peut plus en approcher librement car il y a eut quelques suicides. Pensez, tomber sur les rails !!! Mais, nous, nous allons monter plus loin, et plus haut.

 Joignant le geste à la parole, il entraina ses trois compagnons hors de la gare. Ils prirent sur leur gauche pour suivre la rue qui longeait l’ancienne usine de la Shappe où nombre d’habitants du village et des environs travaillaient la soie naturelle.

 _ Quand j’habitais ic,i il y avait 27 bistrots dans tout le village et ils travaillaient tous, plus ou moins, des stations qu’y faisaient les ouvriers en rentrant chez eux !

 Lorsqu’ils arrivèrent en vue du four à chaux, ils durent traverser la voie de chemin de fer et, prenant sur la droite un petit sentier, ils entreprirent leur ascension jusqu’au hameau de Javornoz.  La montée leur prit plus d’une heure, Maurice se faisant un plaisir de leur montrer Serrières et le Chauchay d’en haut ou Grattoux agrippé sur l’autre versant de la cluse.

 Que de balades il avait faites dans ce Bugey !  Arrivés à proximité du four banal, ils firent une pose. Maurice en profita pour s’enquérir d’un endroit où planter les tentes.

 _ Vous n’avez qu’à monter vous installer devant le grangeon qu’est là haut. Lui répondit une femme sur le pas de sa porte. Mon mari…

_ Lucienne ! Où qu’ t’es donc passée ?

_ Merci Madame.

 _Bon, nous pouvons nous installer là-haut, dit Maurice à ses copains, en montrant un champ au-dessus de lui. Demain nous ferons le tour du pain de sucre et nous monterons à son sommet avant de revenir par Blanaz.

 Sur le coup de 19 heures les tentes étaient montées et la soirée et la nuit furent très agréables, passées dans un silence merveilleux seulement entrecoupé par les cris des animaux nocturnes. Notamment une hulotte qui semblait marquer les heures, perchée juste dans l’arbre voisin.

 Quand soudain :

vvvvvvvvvvvvvvvvrrrrrrrrrrrrrrrrrrrroooooooooooooooooommmmmmmmmmmm, VVVVVVVVVVVVVVVVRRRRRRRRRRRRRRRRRRRROOOOOOOOOOOOOOOOOOMMMMMMMMMMMM, vvvvvvvvvvvvvvvvrrrrrrrrrrrrrrrrrrrroooooooooooooooooommmmmmmmmmmm,

vvvvvvvvvvvvvvvvrrrrrrrrrrrrrrrrrrrroooooooooooooooooommmmmmmmmmmm, VVVVVVVVVVVVVVVVRRRRRRRRRRRRRRRRRRRROOOOOOOOOOOOOOOOOOMMMMMMMMMMMM !!!!

 _ Putain ! Quel est le con qui nous réveille ainsi ? S’écria Roger en s’étirant et se grattant l’entre jambes. Vais pisser. Ça urge !

 Et quittant la tente qu’il partageait avec Edouard, il trouva le grangeon ouvert, d’où s’échappait des bruits d’outils qui s’entrechoquaient. Sa curiosité étant plus forte que le besoin qu’il devait pourtant satisfaire, il s’avança vers les portes ouvertes. Et là, devant le spectacle qui s’offrait à lui, il faillit se faire dessus.

 Dans un dernier sursaut de lucidité, il fit demi tour et se soulagea au plus vite pour pouvoir revenir voir ce qu’il venait de découvrir.

 Devant ses yeux agars il y avait une belle voiture de sport blanche dont il ignorait la marque. Au fond du grangeon un homme rangeait ses outils. Celui-ci se retourna vers lui et lui dit :

 _Entrez, n’hésitez pas. Venez l’admirer. C’est la troisième fabriquée que vous avez sous les yeux. C’est une…

 Mais à ce moment là une main ferme vient s’appuyer sur l’épaule gauche de Roger pour le secouer.

 _ Roger ! Oh Roger ! C’est l’heure de se lever. Sinon les autres vont devoir nous attendre pour déjeuner.

 _ Quoi ? Ce n’était donc qu’un rêve.

 C’est à cet instant que la voix de Renée se fait entendre sous l’avancée de la tente.

 _ Maurice ! Viens voir ! Y a quelqu’un qu’a pissé sur les provisions !

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17 juillet 2012

L'allume cigare

Mise en garde préventive - Fumer nuit à la santé et tue. Et l’abus d’alcool est mauvais pour la santé.

 Désiré Jean Thomas Debriqs était le PDG des établissements Debriqs & Debrock, spécialisés depuis 1824 et petit à petit, dans la fabrication et le négoce de certains matériaux de construction. Plus exactement de tout ce qui est canalisations en béton. Aujourd’hui on appellerait ça des préfabrications béton : tuyaux, regards, etc.

 Déjanté, comme le surnommaient ses employés (1), avait coutume d’aller chaque matin faire le tour de l’usine de fabrication qui jouxtait son bureau. Très paternaliste. Voire un peu trop au goût des rares syndiqués de la boîte. Il aimait s’imprégner de l’odeur de ciment qui se dégageait des moules et de s’enquérir des problèmes de chacun.

 Il avait aussi comme habitude, de retour de son déjeuner d’affaire, ou non, de fumer un bon Havane, vautré dans le Churchill de son bureau. Un vieux Chesterfield en cuir à haut dossier où, selon la légende familiale, le célèbre ex premier ministre britannique aurait posé son auguste séant  lors de sa visite de l’usine à la fin des années 1940, à l’invitation de son grand-père qui l’avait connu à Londres pendant la guerre de 1939/1945.

 Cet après repas là, il était furax de chez furieux. Un incident de fabrication l’avait retenu à l’usine plus qu’il ne l’aurait souhaité et fait rater le rendez-vous de la quinzaine du Cercle des patrons locaux.  Il s’empara du Havane qu’il avait préparé et l’alluma. Et il fut surpris… agréablement surpris. Il s’apaisa. Se calma. Se détendit. Retrouva une certaine quiétude au fur et à mesure qu’il le fumait. Il quitta le Churchill pour s’installer à son bureau et reprendre ses activités normales.

 Les jours suivants, il ne retrouva pas les mêmes sensations en fumant son cigare. Les jours passant, il n’y prêta plus cas jusqu’à son retour du Cercle. La réunion avait été agitée. Les propos échangés peu amènes. Faut dire que c’était fréquent à l’approche des élections législatives. D’accord, ils avaient tous la même orientation politique, mais c’était sur le – ou plus exactement les – nom(s) des postulants à soutenir qu’ils se chamaillaient. Mais aussi sur les compensations à obtenir en échange de leur soutien.

 Toujours est-il qu’il en revint avec un bon bourdon, son candidat n’ayant pas été retenu pour ce coup ci. Il s’enferma dans son bureau et prit le cigare habituel. Il le trouva un peu humide au toucher mais commença à tirer dessus. Et, comme l’autre jour, il retrouva les mêmes sensations apaisantes.

 Curieux, il tenta d’analyser ce qu’il ressentait exactement. Outre le fait qu’il se calmait, il finit par percevoir que son cirage dégageait une odeur différente de celle à laquelle il était habitué. Un peu moins âpre, un peu mielleuse. Il se remémora l’époque où son père, grand amateur de pipes, fumait de l’Amsterdamer, ce tabac qui sentait le miel… (2)

 Mais pourquoi ce cigare dégage-t-il cette odeur particulière aujourd’hui ? A bien y penser on dirait que celui de l’autre jour avait la même odeur. C’est pourtant pas à cause de mes contrariétés tout de même ? pensa-t-il.

 Et pourtant si…

 Le phénomène se reproduisit trois jours plus tard lorsqu’un de ses clients importants lui signala qu’il traiterait à l’avenir avec un fournisseur italien, moins cher, mettant fin à près de vingt-cinq ans de collaboration.  Le coup avait été rude et le cigare le bienvenu.

 Voulant en avoir le cœur net, Déjanté entreprit de réfléchir comment ses cigares pouvaient avoir une saveur différente en raison de son humeur. Il analysa le contenu de la boîte de Havanes contenue dans le deuxième tiroir de son bureau. Tiroir toujours fermé à clé et qu’il n’ouvrait, chaque matin, que  pour extraire le cigare qu’il fumerait après le déjeuner. Tous les cigares avaient la même texture, le même toucher, le même arôme…

 Déçu il replaça la boîte dans le tiroir et le referma. Choux blanc pour aujourd’hui se dit-il. Il se remit à ses occupations habituelles.

 Le lendemain matin, il sortit le cigare qu’il fumerait plus tard et le posa délicatement à l’emplacement habituel et repéra la position de la bague. A son retour au bureau après son repas, le cigare n’avait pas bougé et ne lui procura que le plaisir de le fumer.

 Ce n’est que le quatrième jour qu’il y eut du nouveau.  Ce jour là, il y eut un mouvement hostile parmi les ouvriers chargés de la fabrication des regards. Ils réclamaient une augmentation. Juste après que l’autre crétin venait de l’abandonner pour trouver moins cher ailleurs. Ce n’était pas le moment leur répondit-il. Faudrait d’abord travailler plus.

 Tiens un précurseur !

 Ce jour là, au moment de se saisir de son cigare, il constata qu’il avait bougé. Oh il était bien à sa place mais il semblait avoir tourné. L’image de la bague était un peu sur le côté. Pourtant, et il en était sur, il l’avait bien posé à plat et ne l’avait plus touché. Il le prit et le huma, comme il le faisait tous les jours. Il constata sa légère humidité et l’alluma malgré tout. L’effet apaisant se produisit à nouveau.

 Le mystère s’épaississait jusqu’à ce qu’il se décide à appeler sa secrétaire.

 _ Oui Monsieur !

_ C’est vous Martine qui êtes entrée dans mon bureau avec le courrier ?

_ Non Monsieur !

_ Pourtant il y a M.L.  sur le parapheur…

_ Peut-être, mais aujourd’hui c’est Monica qui s’en ait chargée.

_ Vous pouvez me l’envoyer ?

_ Bien sûr Monsieur.

_ Merci Martine.

 Et Monica de faire son entrée dans le bureau. Pas terrible la donzelle se dit-il en lui-même. Faudrait qu’elle perde quelques kilos et qu’elle change de lunettes. Et puis qu’elle change de coiffure. Qu’elle troque ses bésicles et défasse son chignon. La voila habillée pour l’hiver.

 _ Vous m’avez faite appelée Monsieur ?

_ Oui Monica. C’est bien vous qui avait apporté ce parapheur ?

_ Oui Monsieur.

_ Et vous n’avez rien touché sur ce bureau ?

 La voyant rougir, Déjanté sentit la tension monter en lui.

 _ Parlez sans crainte. Qu’avez-vous touché ?

_ … Votre… cigare, Monsieur.

_ Puis-je vous demander pourquoi ?

 Et elle de rougir davantage. A en devenir tel un feu de signalisation… Et de fondre en larmes.

 _ Manquait plus que ça maintenant… Reprenez-vous ma petite. Et dites-moi plutôt de quoi il en est.

 Elle finit pas sécher ses larmes et lui avoua qu’elle redoutait les coups d’humeur de son patron et qu’elle avait décidé de faire comme sa cousine lui avait dit qu’elle faisait dans le claque où elle œuvrait. Elle c’était contentée d’humidifier le cigare à sa façon et de le reposer à sa place. Voulait-il voir comment elle avait opéré ?

 _ Si ça peut vous soulager. Lui avait-répondu.  Elle ne se fit pas priée…

 Suivant les conseils avisés de Déjanté elle opéra en quelques semaines une véritable mue tant vestimentaire et que corporelle au point que les visiteurs qui passaient par le secrétariat n’eurent plus d’yeux que pour elle. Mais elle conserva son secret pour le seul bénéfice de Déjanté qui lui donna bientôt le poste occupé par Martine dont le seul tort était de ne pas avoir su humidifier les cigares de son patron. Alors qu’elle, elle avait trouvé un autre cigare à …

 … Au fait, j’ai oublié de vous donner le nom de famille de Monica…  Lewisky.  

 Non juste une fausse homonymie encombrante.

 

 _ (1) (pour D. Jean T.)

_ (2)  Cette odeur de miel n’était en fait perçue que par ceux qui étaient auteur du fumeur, pas par lui-même. Allez savoir pourquoi ?

 

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15 juillet 2012

AVIGNON - Mon OFF 2012

Comme les années précédentes, trois journées dédiées exclusivement aux spectacles du OFF.  Du 9 au 11 juillet. Une remarque : je n’ai vu de queues importantes que devant les salles où se produisaient les membres de la « banque à Ruquier ». Facilité ? Pourtant il y a une multitude de comédiens et de spectacles qui mériteraient d’être mieux connus…

 

1er JOUR

             14 h 10 – ETATS DE CRISES

Théâtre du chien qui fume (36) 200 pl

Du théâtre traditionnel, un texte sans surprise, mais un second rôle masculin assez remarquable,

 

           15 h 50 – LES ZINDESIRABLES DANS LE BAIN

Théâtre des Béliers (18) salle 2 (48 pl)  

De la « télé réalité » de qualité – Comédiens excellents – coup de cœur 

 

          17 h 15 – LA MAITRESSE EN MAILLOT DE BAIN

Théâtre des Béliers (18) salle 1 (161 pl)

 Le titre est trompeur – Du théâtre classique et scolaire - Parfait pour les enseignants. Pour les autres ?

  

       19 h 00 – LES CHICHE CAPON – LE OLIVER ST JOHN GOGERTY

Théâtre des Béliers (18) salle 1 (161 pl)

 Du grand burlesque – Du très bon n’importe quoi – de l’absurde - Nouveau coup de cœur

 

            20 h 40 – GARNIER ET SANTOU

Théâtre des Béliers (18) salle 1 (161 pl)

 1 h 30 de  Garnier et Santou alors qu’un quart d’heure aurait suffit. Pour les seuls inconditionnels du duo !

 

 

2ème JOUR

 

           12 h 00 – LES TRIBULATIONS D’HAROLD

Espace ALYA (47) salle A (120 pl)

Spectacle non classique : du mime( très fin), de la musique et de la très bonne sonorisation de deux films muets avec Harold Llyod – Coup de cœur

  

            15 h 20 – SUPPORTER MARSEILLAIS… WHAT ELSE ?

Théâtre le Palace (78) sale 5 (92 pl)

 Pour éviter de s’endormir, rien de tel que ce moment de café théâtre très enlevé, où le supporter marseillais n’est – en fait – qu’à peine exagéré. Un petit incident eut lieu lors de cette représentation au moment de la scène du bar. C’était une véritable bouteille de pastis qui se trouvait sur le plateau et l’acteur dut véritablement absorber un « 102 à la Gainsbourg » sans eau. Et comme il dit un moment, il était vraiment « casquette » et transpirait pas mal. D’autant qu’il du remettre ça.. ; A boire pourtant avec modération. Sinon, bon spectacle pour se détendre.

 

            17 h 05 – PAULINE FAIT UN CARTON

Théâtre le Grand Pavois (59) 70 pl

 Belle évocation de la vie de comédienne de la célèbre Pauline Carton.

  

          18 h 30 – UN MARIAGE FOLLEMENT GAI !

Théâtre Le Paris (81) salle 3 (90 pl)

 Encore du café théâtre mais d’un bon niveau et servi par trois bons comédiens.

 

         20 h 50 – COUPLE EN PANNE

Le Monte charge (74) salle 2 (99 pl)

 Il n’y a pas que le couple qui soit en panne – la pièce aussi, desservie par un texte très faible et sans surprise.  

 

 

3ème JOUR

    11 h 15 – FOUQUET, D’ARTAGNAN (ou une amitié contrariée)

Théâtre Carnot (25) 70 places

Un spectacle de très belle tenue. Texte et interprétation de qualité. Une page de l’histoire peu connue, où j’ai appris que le « vrai » d’Artagnan avait été le gardien et ami de Fouquet. Pour ceux qui aiment l’histoire avec un grand ou un petit H.

 

         13 h 50 – LES BONNES

Théâtre Au bout là bas (15)

Toute petite salle (47 pl) – Réservation Quasi Obligatoire

 Texte âpre mais bonne interprétation de la part des trois comédiennes

 

             15h 45 – A NU

Théâtre du Petit chien (82) 100 pl

 Spectacle pour personne avertie – nu intégral féminin et masculin

Evocation réaliste et très crue de la paranoïa sécuritaire américaine. Un spectacle qui donne à réfléchir si l’on n’est pas au fait de ces choses en entrant.

  

            18 h 00 – DIALOGUES DE SOURDS

Théâtre Tremplin (98) 49 pl

Du café théâtre par une jeune troupe. Un bon imitateur…

 

           20 h 00 – LA PAPESSE AMERICAINE

Théâtre Les trois soleils (99) salle 2 (70 pl) Réservation obligatoire

Un texte fort sur la religion catholique et une interprétation excellente. Se joue à guichets fermés. Coup de cœur.

 

            22 h30 – ADELE A SES RAISONS

Espace Roseau (48) salle Jacques Brel (80 pl)

 

Sympathique petite comédie musicale sans prétention – Bons musiciens et comédiens. Ça manque un peu de rythme à mon goût.

 

 

Voila, un choix assez éclectique comme nous les aimons. 

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28 mai 2012

Et deux Sioux ?

 Après avoir visité Fort Lamarie (1), Alex Santric et son copain Edouard Neney décidèrent d’abandonner leur projet de se rendre directement sur la côte Ouest. Ils préféraient s’attarder un peu plus dans le coin pour découvrir les richesses du folklore de la ruée vers l’or. Ils mirent donc le cap sur l’une des villes qui deviendrait célèbre bien des années plus tard, grâce à une série télévisée diffusée seulement que deux saisons en France (2). Je veux parler de la ville de Deadwood, dans les Black Hills (Sud Dakota).

  Pour cela ils revinrent sur leurs pas jusqu’à Lingle puis mirent le cap plein Nord sur l’US 85 jusqu’à Lusk où ils firent étape. Le lendemain, poursuivant leur remontée vers le nord, toujours sur l’US 85 ils atteignirent en fin de journée  Newcastel. Ce n’est que le troisième jour, après avoir dépassé Four Corners qu’ils obliquèrent au nord-est, toujours sur l’US 85 pour atteindre enfin Deadwood et sa sulfureuse légende. Pourtant il y a moins de 200 miles depuis Fort Lamarie. Ils avaient pris leur temps.

 Qui a dit que les promesses n’engageaient que ceux à qui elles étaient faites ? Toujours est-il que la naissance de Deadwood vers 1875 résulte bel et bien du reniement de l’une d’elles puisque ne respectant pas le contenu du traité de paix signé à Fort Laramie en 1868 entre les États-Unis et le peuple indien Lakota. Ce traité garantissait la possession par les indiens de la région des Black Hills dans le Dakota du Sud, le Wyoming et le Montana. Pourtant l’appât de l’or fut le plus fort…

 Leur première visite fut pour le cimetière où ils découvrirent les tombes de Wild Bill Hickok (James Butler Hickok de son vrai nom) et de Calamity Jane, deux des figures de ce temps là.

 W.B.Hickok fut tué par derrière d’une balle dans la tête par  Jack Mc Call le 2 août 1876 alors qu’il jouait au poker au « n° 10 ». Il n’était arrivé à Deadwood que quelques jours plus tôt en compagnie de Calamity Jane (de son vrai nom Martha Jane Canary) et Colorado Charlie Utter.

 Ils ne prêtèrent pas attention à celle de Seth Bullock, qui fut pourtant le premier sheriff de la ville.

 Et puisque je vous parle de ces personnages je me dois d’y ajouter aussi, l’associé de Seth Bullock, dans sa boutique d’outillages et matériels pour les pionniers, Solomon « Sol » Star.

 Ainsi que l’incontournable Elis Albert « Al » Swearengen qui était l’un des plus brutaux et peu scrupuleux  personnages de l’époque. Il ouvrit le « Gem Theater » dès 1876 qui fut détruit par le feu à trois reprises : en 1879, 1894 et 1899…

 Mais aussi, celui par qui tout semble être arrivé. Je veux parler de Charles Utter, appelé Colorado Charlie Utter, trappeur et chercheur d’or dans le Colorado avant d’organiser et acheminer un convoi de chariots vers Deadwood. C’est lui qui y conduisit notamment W.B. Hickock, Calamity Jane, Madam Mustache, Dirty Em et leurs « working girls » ;

 Ajoutons-y Madame « Poker » Alice Tubbs qui passa sa vie à jouer au poker malgré un mariage et sept enfants et qui aurait déclaré avoir fait vivre sa famille de ses gains qui, cumulés, se seraient élevés à plus de 250.000 $.

 Pour faire bonne mesure, n’oublions pas non plus le premier maire de Deadwood, Ethan Bennett Farnum et celui qui fit la trouvaille de la plus grosse pépite d’or à Deadwood, John Perrett, surnommé depuis « Potato Creek Johnny » en raison du lieu où il fit sa découverte.

 Voila, le décor est planté et vous avez devant vous quelques uns des personnages principaux de la saga télévisée diffusée par Canal + il y a trois ou quatre ans (3).

 Sous le charme de leur découverte, nos deux compères décidèrent de reprendre la route, cap au nord, pour rejoindre les vastes étendues canadiennes.

 Il ne leur faudrait qu’un peu plus de sept heures et demie de route pour rejoindre la frontière canadienne à Portal, terme de l’US 52, à 421 miles de Deadwood.

 Arrivés à la frontière, ils n’y découvrirent qu’un poste entouré de quelques maisons et une ligne de chemin de fer. Tout au long du chemin ils n’avaient traversé que de « mornes plaines » parsemées de rares hautes constructions, les silos à grains, et de quelques villages ou hameaux.

 Ils s’étonnèrent auprès du pompiste de la petitesse de la bourgade où ils étaient arrivés.

 _ Z’avez rien vu les mômes. (4)

_ ???

_ Il y a plus petit encore.

_ Plus à l’ouest, sur la ligne…

_ La ligne ?

_ Ben, la frontière si vous voulez.

_ D’ac…

_ Z’avez qu’à aller vers le Montana et remonter vers le Canada par les petites routes.

_ Et ?

_ Vous trouverez des postes de passage isolés, avec rien autour.

_ Ah bon ?

_ Ça te dit d’aller voir ? Demanda Alex à son copain ?

_ Faut voir.

 Et ils ont vu…

 Les voici, à un poste frontière, au milieu de nulle part, et au moment de la relève. Si le bâtiment est sur le sol américain, la cabine téléphonique est au Canada. Mais chut, faut pas le dire, elle est reliée au réseau US.

 Et ce qui aurait pu et du être qu’une simple formalité, vu qu’ils n’avaient rien à déclarer et qu’ils quittaient le territoire américain, fut pour eux une longue série de questions : et pourquoi ils avaient décidé de passer par ici ? Et pourquoi cela ? Et pourquoi ceci ? Etc.

 Toujours est-il qu’ils durent subir un interrogatoire en forme, certes courtois, mais fort détaillé, avant de pouvoir entrer au Canada. Faut dire à la décharge des représentants de la Loi, c’est qu’ils n’avaient rien d’autre à faire, vu qu’il ne passe quelqu’un que très rarement. Mais qu’il faut qu’ils soient présents à ce moment là !

 Après quelques kilomètres, ils s’arrêtèrent pour souffler un peu.

 

_ Put..n, t’as vu un peu ! Z’avaient rien à foutre les quatre !

_ Et t’as pas vu les deux autres, dans leur bagnole ?

_ ???

_ Ben, ouais, sur le côté quand on est arrivé.

_ Non.

 _ Ouais ! Fait pas bon être du pays.

_ Tu crois ça ?

_ Ben.

_ Moi, j’ crois le contraire… T’es du bled, tu dois pouvoir faire c’ que tu veux.

_ Pas certain… Sinon, pourquoi qu’ils sont là ? A ton avis ?

_ Sais pas.

  

_ Ah ! … Tu vois ?

_ Quoi ?

_ Tu vois pas le zinc qui arrive ?

_ Et alors ?

_ Y en avait deux ou trois le long de la route, tout à l’heure.

_ Et alors ?

_ Et alors ? Zorro est arrivé… Sans s’ presser… (Vous connaissez la suite) Non, j’ veux t’ faire comprendre qu’ici les gens doivent se déplacer en avion, vu l’isolement et les distances.

_ Ce qui veut dire ?

_ Que si tu vis ici et tu peux trafiquer tout c’ que tu veux par le ciel.

_ Pas con ton idée.

_ Ouais, faut pas prendre la route, même s’y a dégun dessus.

 * * * * *

_(1), cf. Un Sioux est un Sioux

_ (2), Il existe pourtant une 3ème saison qui fut diffusée notamment en Belgique et qui existe aussi en DVD, mais où les auteurs ont trop tiré à la ligne. C’est certainement la raison pour laquelle Canal+ ne l’a pas diffusée en son temps.

_ (3) La description de ces personnages est extraite d’un site dédié à Deadwood très bien fait et documenté.

_ (4) traduction approximative de l’américain

 

NB – Les quatre figurines présentes proviennent des USA. J’en ai fait venir cinq boîtes. Quatre sont disponibles à la vente au prix de 20 euros la boîte, port compris.

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01 mai 2012

La folie épinglette

Avertissement : Ceci est une pure œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes ayant vécu ou vivantes ne serait donc que fortuite…

 

 Epinglette ! Que ce mot sonne bien à l’oreille, comme allumette, binette, cannette, dinette, fadette, guinguette, hachette, lunettes, minette, nonette, pipette, quéqu… Oh, pardon, je m’égare Montparnasse. Et pour finir la fameuse Zézette, épouse X…

 Mais pourquoi cette longue litanie de mots sans aucun intérêt ? Juste pour asseoir ce mot bizarre d’épinglette, apparu et imposé par notre cher ministre de la culture de l’époque, le sieur Toubon pour tenter de contrer l’anglicisme du pin’s. Car c’est de la folie du pin’s qu’il est en effet question dans ce nouveau délire.

 Qui, parmi les jeunes d’aujourd’hui a entendu parler de cette mode, de cette folie, de cet engouement qu’a connu pendant quelques années cette petite pièce métallique colorée, utilisée à toutes les sauces. On en vit de toutes formes, couleurs, propagandes, publicités, clubs, clans, érotiques, voire plus si affinité…épinglés au revers des vestes, blousons et autres vêtements. 

C’est cette passion passagère qu’une joyeuse équipe de vendeurs de nougat tente de relancer, tant bien que mal. En en offrant à l’effigie des candidats  aux élections politiques.

 Et ce matin là, elle était sur la place où se déroule le marché hebdomadaire. Nous sommes entre les deux tours des élections législatives. 

Pour la bonne compréhension de ce qui va suivre, je me  dois de préciser au lecteur, qu’au premier tour il y avait cinq candidats en lice. Par ordre alphabétique : Hamster-Dam François, Le Crayon Marine, Maylanger Jean-Luc, Roubay François et  Sortan Nicolas.  Et pour le second tour, ne restaient plus en compétition que François Hamster-Dam  et Nicolas Sortan.

 _ Approchez, Mesdames et Messieurs, approchez, aujourd’hui pour l’achat d’une barre de nougat nous vous offrons l’épinglette de votre candidat favori, François ou Nicolas… Nicolas ou François !

_ Z’auriez pas plutôt la Marine ?

_ L’est plus en course !

_ Z’en reste pas un ?

 La jeune femme, se tourne alors vers son chauffeur, plongé sous le capot de leur fourgonnette : Alain, l’en reste de la Marine ?

_ Sommes plus à flot… Sommes même échoués…  Z’avons tout distribué la s’maine dernière.

_ Désolée, il y a en vraiment plus, répond-t-elle au passant.

_ C’est dommage !

_ Par contre, poursuit Alain, nous reste beaucoup du Roubay et du Maylanger… Tu peux en proposer un de chaque par barre.

_ Vous avez entendu ?

_ Ouais ! M’intér’ssent pas ces deux là !

_ Je regrette.

  

_ Approchez, Mesdames et Messieurs, approchez, aujourd’hui pour l’achat d’une barre de nougat nous vous offrons l’épinglette de votre candidat favori, François ou Nicolas… Nicolas ou François ! Faites votre choix !

 Et sur le coup de 13 heures, tout le monde ayant remisé son étal, quelques commerçants se retrouvent à l’Assiette bressanne pour déjeuner.

 _ Alors patron ! Qu’est-ce qu’on propose aujourd’hui ?

_ Pas de Mironton car je sais que vous le mangez chez l’Alain du 38.

_ T’as raison, c’est toujours un régal chez lui.

_ Ah ! Parce qu’ici c’est de la m… ?

_ C’est toi qui l’a dit !

 Et les deux de partir à rire. La pression retombée, le patron indiqua que son cuistot avait cédé sous la pression et qu’il avait fini par accepter de leur préparer de la tête de veau sauce gribiche.

 _ Bravo pour le chef !

_ Alors tête de veau pour tout le monde ?

_ Ouais. Faut qu’on la goutte. Vu que toi, t’es une vraie tête de cochon !

  

Pourquoi une telle fin ?  Juste pour rendre hommage aux restaurateurs de Louhans (71) qui ont su conserver la tête de veau à leur menu où elle est toujours appréciée et demandée, notamment le lundi,  jour de marché.

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26 avril 2012

Au tout électrique

Souvenez-vous, amis lecteurs, nous avions laissé Honorin Teyresse en train de remiser son attirail après l’échec de sa tentative de vendre des aspirateurs sur le marché de Cernès. (1)

 Pourtant son accroche des badauds et son bagout n’avaient pas laissé indifférent  Henri Ménager. Bien au contraire. Cela le convainquit d’attendre qu’il eut fini de tout ranger dans son break avant de l’entreprendre.

 _ ‘Scusez-moi !

_ Oui ?

_ Henri Ménager.

_ C’est pour un aspirateur ?

_ Non, merci. J’en vends moi-même.

_ ???... Et en quoi puis-je vous être utile ?

_ J’aimerais vous parler…

_ Et que faisons-nous en ce moment ?

_ … Je veux dire, en d’autres lieux… devant un verre par exemple ?

_ D’accord, je vous suis.

 

Et les voici gagnant le Bar des amis où ils s’attablent devant deux « jaunes ».

 _ Je vous ai regardé tout à l’heure avec un grand intérêt.

_ Et alors ?

_ Vous semblez posséder un gros potentiel de vente mais…

_ Mais ?

_ Vous n’avez pas la bonne clientèle.

_ Qui est ?

_ Celle qui a de l’argent à dépenser…

_ … ? Et c’est qui ces gens là ?

_ Pas forcément les plus riches, mais ceux qui le fait circuler.

_ Ah ? Et à quoi la reconnaît-on ?

_ Souvent à sa voiture ou à ses toilettes.

_ Ses toilettes ? Vous allez chez eux ?

_ Non, pas les chiottes. Mais, leurs atours, leurs vêtements.

_ Ah, d’accord. Je vois.

_ Ce que vous devriez faire, c’est plutôt du porte à porte dans les quartiers aisés.

_ Z’avez qu’à en parler à mon patron.

_ Parce que c’est lui qui vous demande de faire les marchés ?

_ Vous croyez tout de même pas qu’ j’ fais ça pour mon plaisir ?

_ Pardonnez-moi.

_ Y a pas de mal. Mais j’ vois toujours pas où vous voulez en venir ?

_ A ceci… J’ai une boutique d’électroménager à Piay et je viens de racheter celle du Maire de Cernès (2)

_ Celle du père Libras ?

_ Celle-là même. Il a pris sa retraite pour raison de santé. Et comme je voulais pas de concurrence…

_ Je comprends.

_ Vous ne comprenez rien encore, jeune homme !

_ J’ vous permets pas !

_ Calmez-vous. Je vous explique… J’ai acheté ce magasin pour ma fille, vu que mon crétin (3) de fils a préféré la carrière militaire. Et je cherche quelqu’un pour le gérer.

_ … Et… Vous pensez que… je ferais l’affaire ?

_ Pourquoi pas ?

_ Z’êtes gonflé. Moi, même si c’est mon patron qui…

_ Vous vous répétez !

_ … C’est dehors que j’aime être… Même si je dois me farcir des enquiquineurs comme ceux de tout à l’heure. Ça m’amuse parfois… Non j’aime trop le contact avec les gens ; la lutte pour les convaincre… Merci, mais j’ ne crois être fait pour être enfermé dans un magasin.

_ Mais il n’est pas question de vous enfermer… Vous pourriez continuer à faire du démarchage, si c’est ce qui vous plait. Mais il y aura la gestion des stocks et du magasin à assurer.

_ Faudrait voir !...

_ Faudrait voir en effet. Répondit Henri Ménager en souriant tout à coup. Ce qui n’échappa pas à

Honorin Teyresse.

_ J’ peux vous demander ce qui vous fait sourire ?

_ Juste une idée qui a traversé mon esprit.

_ Et qui est ? Sans être indiscret ?

_ Vous êtes marié ?

_ Pardon ?

_ J’ vous demandais si vous étiez marié ?

_ Cela vous regarde-t-il ?

_ Si j’ veux répondre à votre question !

_ Quelle question ?

_ Ben. Qu’elle était mon idée ? Pourquoi ?

_ Bien sur. Bien sur… Non je n’ suis pas marié. J’ai même pas de copine en ce moment.

_ C’est parfait !

_ ???

_ Faites pas cette tête… J’ me disais seulement que si vous acceptiez de voir Electre O vous changeriez surement d’avis.

_ Electro ? C’est quoi ?

_ C’ n’est pas quoi, mais qui. C’est ma fille.

_ Ah !

_ J’ vous en ai touché deux mots tout à l’heure.

_ Exact. Ça me revient. Et alors ?

_ Elle aussi, est célibataire. Et je crois que vous vous entendriez très bien tout deux.

_ Vous voulez jouer au marieur maintenant ?

_ Point du tout. Je regarde juste l’aspect pratique de la situation.

_ Qui est ?

_ Je vous fais rencontrer Electre O et …

_ Pardonnez-moi, mais pourquoi Electro ?

_ Parce qu’elle s’appelle Electre Odile Marie et quand elle était en primaire il y avait une autre Electre (4) avec elle et il fallait les distinguer. Et ça lui est resté. On l’appelle tous Electre O.

_ D’accord. Excusez-moi.

_ Du tout. Du tout. Je disais donc, pour revenir à mon idée, que si vous acceptiez de rencontrer ma fille, vous accepteriez la gérance de mon nouveau magasin de Cernès.

_ Parce que ce serait si simple que ça ? Voir les beaux yeux de votre fille et hop, l’affaire est dans le sac, comme la poussière dans mon Haspyrtou, « l’aspirateur qui ne laisse rien et avale tout ». Elle est comme…

_ J’ n’ vous permets pas d’insulter ma fille !

_ Je m’en garderai bien, Monsieur. Je demande juste un peu de temps pour réfléchir à votre offre.

_ C’est tout réfléchi, jeune homme. Je vous invite à déjeuner à la maison et je vous présenterai Electre O.

_ Z’êtes rapide en affaires Monsieur.

_ Comme vous êtes prompt à accepter ma proposition.

_ Faut voir. Faut voir… J’ai encore rien décidé.

_ Votre cerveau peut-être mais pas vos c……s.

_ Comme vous y allez !

_ C’est ça la vie.  Allez, allons-y, sinon je vais me faire appeler François.

_ Ah, je vois, vous aussi, elle vous tient par là…

 C’est ainsi qu’ Honorin Teyresse, tombé sous le charme d’Electre O Ménager, l’épousera quelques mois plus tard. Faut dire qu’elle n’avait rien à envier à ce que vendait son mari avant de la connaître. Ils prirent la gérance du magasin d’électro-ménager de Cernès que l’on peut découvrir sur ces photos. Ils en devinrent propriétaires quelques années plus tard, après le décès d’Henri Ménager.

 

_ (1) cf. Le progrès ne fait pas tout.

_ (2) cf. Un nouveau nid pour l’Aronde

_ (3) Cela n’engage que le personnage qui parle 

_ (4) Electre Annie Martin, surnommée Electre A, puis Electra

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12 avril 2012

Un Sioux reste... un Sioux

Refusant l’Interstates 80, il avait décidé de n’emprunter ce jour là que les petites routes. En l’occurrence la NE-2 W qui devait les conduire jusqu’à Alliance, d’où ils rejoindraient le lendemain Fort Laramie, au Wyoming. Ils avaient donc quitté Nebraska City au petit matin et avaient contourné Lincoln par l’Ouest. Puis ce fut le tour de Grand Island, Broken Bow, Anselmo  et Dunning.  Il y eut après  Halsey et  Thedford. Rien que des grandes capitales. De vrais trous paumés.  Ils avaient  dépassé Mullen et la prochaine ville devait être Whitman (1). Cela faisait près de cinq heures et demie qu’ils étaient en route et avaient parcouru plus de 320 miles. Whitman n’était plus très loin mais depuis un bon moment il n’arrêtait pas de jeter des coups d’œil inquiets sur sa jauge à essence. Tout à coup le voyant de la réserve se mit à clignoter. Il n’était pas des plus rassurés, se sachant en bordure du Comté de Cherry, connu pour sa très faible densité de population (2). 

 _ Et merde ! Se dit-il, et toujours rien à l’horizon…

 Il leva le pied de l’accélérateur et prit son mal en patience en espérant malgré tout de voir, ne serait-ce, qu’une de ces stations plus ou moins abandonnées qu’ils avaient aperçues depuis le début de leur périple.

 C’est vrai que j’ai oublié de vous situer ce nouveau délire.  Je me dois donc de vous préciser que l’action se situe, disons en 1966 ou 1967.  Alex Santric vient de réussir son baccalauréat.  Condition nécessaire et suffisante pour que son père lui cède son Elysée de dix ans d’âge et que sa mère lui finance son séjour aux Etats Unis. Mais Alex n’a pas voulu d’un séjour tout fait. Pas par une agence de voyages. Non ! Il a décidé de traverser les States par la route, au volant de cette Aronde. C’est pourquoi nous le trouvons aujourd’hui en train de gagner la côte Ouest en traversant ce qu’il considère comme les états du Nord et qu’il reviendra sur la côte Est par les états du Sud. A ses côtés, il y a son pote de toujours, Edouard Neney. Lui aussi a réussi le bac, mais l’année précédente. Il a mis à profit les vacances de l’an passé pour travailler et mettre de l’argent de côté pour ce voyage.

 _ T’en fais pas, t’as toujours le bidon !

_ Ouais, mais quand même. J’suis con. J’aurais du faire le plein au dernier bled.

_ T’as vu la tronche du pompiste ?

_ Non, j’ai pas fait gaffe.

_ T’as bien fait. J’aurais pas voulu que tu t’arrêtes.

_ T’as eu les foies ?

_ Un peu, ouais… J’ suis toujours pas remis du western de l’autre jour.

 Faut dire à la décharge d’Edouard, qu’ils ont traversé un village où un autochtone avait voulu régler ses comptes à la Richard Widmark. Il avait fait parler ses Winchesters dans la rue ! Plusieurs corps étaient encore allongés sur la chaussée lorsqu’ils avaient traversé la bourgade. Un adjoint du sheriff local les avait priés de s’arrêter, l’arme à la main, dirigée vers la voiture, canon baissé malgré tout.  Il avait demandé à Alex de couper le moteur et de descendre de la voiture, ainsi qu’Edouard.

 Peu rassurés les deux jeunes s’étaient exécutés, se demandant ce qu’on pouvait bien leur reprocher.

 _ C’est quoi comme voiture ? Leur demanda le flic.

_ Une Simca Aronde… C’est une voiture française.

_ Vous aussi, vous êtes french ?

_ Ouais. Nous venons de Marseille.

_ Ah la french connection ?

_ Non ! Nous students… enfin, presque

_ Et où allez-vous ?

_ San-Francisco, Los-Angeles et on rentre par Dallas et Miami.

_ Drôle de petite voiture. Plus toute jeune.

_ Dix ans.

_ Bon, allez et bonne route.

  Il ne devait plus rester grand-chose dans le réservoir lorsqu’après avoir franchi un énième dos d’âne, Alex aperçut enfin une de ces fameuses stations services perdues au milieu de nulle part.

 _ Sauvés, s’écria-t-il, réveillant Edouard qui s’était quelque peu assoupi.

 Une fois la voiture arrêtée, Alex descendit pour faire le plein. Edouard en profita pour aller se soulager. Puis ce fut au tour d’Alex d’y aller.  Vu le peu de passage, l’Aronde stationnait encore devant les pompes pendant que les deux sirotaient un Coca dans la boutique.  Ils entendirent une voiture arriver, puis ralentir. C’était une voiture de sheriff.  Celle du Conté leur annonça le gérant de la station.  Elle recula puis tourna pour s’immobiliser à côté de la Simca. Ses deux occupants en descendirent et firent le tour de l’Aronde en la détaillant sous toutes ses coutures. Ils l’examinèrent une bonne poignée de minutes.

 _ Jamais vue une bagnole comme ça par ici, dit le sheriff. Et toi, en ville ?

_ Pas mieux, lui répondit son adjoint. Sais pas d’où elle vient.

 Et passant derrière la voiture, il découvrit le F dans son ovale.

_ Doit venir de France d’après la plaque.

Le sheriff souleva son Stetson pour se gratter la tête. Cette voiture l’intriguait.

 _ Entrons voir à qui elle est.

_ L’est à vous la voiture, dehors ? Lança-t-il aux deux jeunes buvant leur Coca ;

_ Ouais, c’est la mienne, répondit Alex dans son anglais de cirque, comme n’avait de cesse de lui rabâcher à chaque cours son prof de langue qu’il dut affronter pendant ses trois années de lycée.

_ C’est quoi comme voiture ?

_ Une française…  Une Simca.  Elle a dix ans.

 … C’était reparti pour un tour. Alex et Edouard devaient prendre leur mal en patience, tant la curiosité des forces de l’ordre était grande devant l’inconnue. Mais pour une fois ce sheriff n’essayait pas de les intimider. Au contraire, ils ressentaient un véritable intérêt pour l’Aronde. De la curiosité même.

 _ Vous êtes français ? Leur demanda le sheriff.

_ Ouais, des environs de Marseille.

_ Ben moi, j’ai mon arrière-grand père qui était français… Typé amérindien le sheriff se présenta:  Bill Boquet IV, leur dit-il en leur tendant la main.

 Et nos deux compères d’éclater de rire avant de se reprendre et de lui serrer la main.

 _ S’excusez-nous !

_ Z’êtes bien frenchies… Z’en faites pas les gars. Y a que vous pour comprendre le jeu de mots. Bienvenue dans les Sand Hills. Vous allez où exactement ?

_ A Fort Lamarie pour …

_ Pouvez pas mieux tomber. J’ vous invite chez moi pour la nuit.

_ ???

_ Mes ancêtres ont vécu longtemps là-bas et dans ses environs. Je vous raconterai leurs vies.

_ D’accord… On vous suit. 

 Puis avisant l’air dépité du sheriff, Alex lui proposa… Vous voulez la conduire ?

Le sheriff ne se fit pas prié et s’installa au volant, Alex prit place à ses côtés pendant qu’Edouard s’installait dans la voiture du Sheriff.

 Après diner, Bill Boquet IV leur raconta l’histoire – ou plutôt – ce qu’ils prirent pour la légende de son arrière grand-père. Celui-ci s’appelait déjà William Boquet. Il descendait d’une vieille famille française dont une branche existe encore en France et dont un lointain neveu était il  y a encore quelque année garagiste… Ce William Boquet avait émigré au Canada vers la fin des années 1820, où il était devenu trappeur. Il avait un jour franchi les Grands-Lacs pour découvrir de nouveaux horizons et avaient traversé à plusieurs reprises les grands espaces des deux Dakota et du Nebraska. Là il abandonna la trappe pour se lancer dans le négoce des peaux auprès des tribus indiennes Sioux et Lakota.

 C’est ainsi qu’un matin, alors qu’il approchait d’un campement  qu’il connaissait depuis trois printemps, il s’arrêta au bord d’une rivière pour s’y laver. Il avait découvert quelques années plus tôt que l’odeur des trappeurs incommodait les indiens et ne favorisait pas les affaires. Il avait pris l’habitude de prendre un bain juste avant de les rencontrer et de porter des vêtements propres. Il descendit de son cheval et l’attacha à un arbre. Il vérifia aussi que les trois mules qui l’accompagnaient étaient bien attachées. Il sortit du linge de corps propre d’une de ses fontes et se dirigea vers la rivière. Il se dévêtit entièrement et s’apprêtait à entrer dans l’eau lorsqu’il aperçut une jeune squaw qui se baignait déjà dans l’eau, lui révélant ses formes agréables. Il resta un instant à la regarder, puis chercha un autre trou d’eau où se laver. Il profita de ce qu’elle regardait ailleurs pour se glisser dans l’eau et commença à se savonner. Puis il lança son savon sur la berge. Celui-ci fit pourtant très peu de bruit à l’arrivée mais suffisamment pour inquiéter la squaw. Laquelle découvrit William, flamberge au vent. Elle eut un geste de recul et s’apprêtait à crier. Mais elle ne dit rien. Se contentant de le regarder…

 _ N’ayez pas peur ! N’ayez pas peur ! Je suis français ! Lui lança William en levant les mains.

_ Papeur ? Papeur ? (3) parvint-elle à marmonner.

 Et pour montrer qu’il n’avait pas d’armes cachées, il se mit à sauter hors de l’eau et à tourner sur lui-même. Lorsqu’il se retrouva face à elle, il s’accroupit dans l’eau. C’est alors qu’elle entreprit le même type de danse devant lui.  Séduit il se releva et lui tendit les bras. Bras dans lesquels elle se jeta rapidement. Ils se serrèrent l’un contre l’autre. Puis il la souleva et elle lui enserra le corps de ses jambes. Ils s’unirent ainsi. Un mince filet rouge vint tinter l’eau de la rivière. Quand tout fut consommé ils entendirent des cris de joie et des coups de fusils provenant des bosquets voisins.

 C’étaient les gardes du corps de la fille préférée de Crazy Horse qui manifestaient leur joie. Faut dire que Crazy Horse avait des visées matrimoniales pour sa fille mais que celle-ci avait toujours refusé les prétendants que son père lui présentait. Soutenue par sa mère, elle avait toujours dit non. Vu que c’était le français qu’elle voulait depuis le jour où elle l’avait aperçu lors de sa première venue. Elle venait d’avoir 13 ans, lui devait avoir passé la barre des 25 lorsque William Boquet était venu pour la première fois rencontrer Crazy Horse et entamer son négoce de fourrures avec lui.

 Bill Boquet IV leur raconta que son arrière grand-père s’était établit près de Fort Laramie et était devenu transitaire en bordure de la piste Bozeman. Il avait assisté à la signature du traité de 1868 mettant fin aux guerres entre indiens et yankees.

 Belle légende qui les berça toute la nuit où ils révèrent à de belles squaws, mais aussi à Sitting Bull et autre Crazy horse. Des indiens célèbres…

  .........

 _ (1) Whitman serait considéré en France comme un lieu-dit, un hameau de la ville de  Grant County, forte d’un peu plus de 700 habitants !

_ (2) d’un peu plus de 6.000 habitants pour plus de 15.000 km2 de superficie, perdus dans les Sand Hills.

_ (3) Ce surnom de Papeur lui resta coller à la peau jusqu’à sa mort.

 

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23 mars 2012

Le champ du signe

 

Le champ du signe

 

Mars 1953

 A peine descendu de voiture avec sa femme, Ludovic de Poyr est accosté par son frère cadet Léopold.

_Cher Ludo, vous avez lu cet article ?

_Lequel ?

_ Celui sur ce qui s’est produit en Bourgogne la semaine dernière.

_ Non, de quoi s’agit-il ?

_ Il me rappelle un peu l’histoire de Roswell (Nouveau Mexique, juillet 1947)

_ Et alors ?

_ Je pense à ce que vous m’avez raconté il y a plus de trente ans maintenant.

  

Nous sommes en 1921… Lorsque Ludovic de Poyr rétablit son Spad au sortir d’une longue courbe sur la droite il mit le cap à l’Est Sud Est pour regagner la propriété familiale. Ce matin là le plafond était bas et la visibilité tout juste correcte. Volant aux alentours de 9.000 pieds, soit 300 m, il voyait cependant très bien le sol et son relief. Un fort vent venant du Nord contrariait le maintien de son cap.

 Cela faisait plus d’une heure et demie qu’il avait décollé de la base de Reims. Ce serait encore une fois un simple vol de routine pour cet ex-capitaine de l’armée de l’air qui était passé maître dans le pilotage de son biplan. Au point qu’aux lendemains de la Première guerre mondiale à laquelle il prit part, il n’eut de cesse de continuer à voler.  Dès qu’il le put il récupéra un Spad XIII qu’il fit rénover et qu’il utilisait tous les mois pour se rendre dans sa famille.

 Tout à coup le ciel se déchira et un rayon de soleil apparut à travers la percée. Curieux, Ludovic jeta un coup d’œil au sol. Se repérant assez vite, il constata qu’il volait un peu trop vers le Nord. Il avait trop amplifié la compensation de sa dérive. Il décida de perdre de l’altitude pour être moins soumis au vent. Puis, virant sur la droite, il regarda une nouvelle fois en bas. Son cœur faillit s’arrêter net. Surpris, il entreprit de rétablir son appareil et de virer sur la gauche tout en amorçant une descente. Il essaya de repérer à nouveau ce qui venait de le saisir. Ce n’est qu’au bout d’un cercle complet qu’il parvint à le retrouver. Stabilisant son appareil à 100 mètres du sol il fit un nouveau tour et prit des repères. Puis il mit le cap sur le village le plus proche où il posa son appareil dans un pré jouxtant le cimetière.  Il sauta à terre et se dirigea vers un estaminet où il s’enquit comment  trouver le maire ?

 _ L’est devant vous, lui répondit le patron du bistrot. A qui ai-je l’honneur ?

_ Ludovic de Poyr, fondé de pouvoirs à la BNCI de Reims.

_ Ouais ???

_ Voulez-vous faire un tour en avion ?

_ Ah c’est vous qu’on a entendu passer t’à l’heure ?

_ Oui.

_ Et pour qu’ faire ?

_ Je voudrais vous montrer ce que j’ai vu d’en haut.

_ Pouvons pas y aller à pinces ?

_ C’est trop loin. Et puis, je ne saurais y aller sans carte.

_ Hum !!!

_ Vous venez ? Ou pas ?

_ Ben, j’ suis pas très chaud. J’ai jamais monté dedans.

_ Y a-t-il un volontaire ? Lança Ludovic en se retournant vers la cantonade qui n’en perdait pas une malgré son air de ne pas y toucher.

Alors que toutes les têtes plongeaient un peu plus vers les tables, le maire  se déclara prêt à le suivre.

 Après avoir revêtu une canadienne et bien enfoncé son béret sur la tête, il prit place à l’avant de l’appareil qui décolla en direction de l’inquiétante trouvaille. Au bout d’une dizaine de minutes de vol, Ludovic retrouva le champ qui l’intéressait. Il entreprit de tourner autour et par forces gestes invita le maire à regarder en bas. A un moment il tendit le bras gauche, désignant une forme au sol. Quelques instants après il entendit  un son qu’il traduisit pour être un « Oui ». Satisfait, il piqua vers le sol et largua un fanion avant de repartir en direction du village.

 De retour sur le sol ferme, le maire avait les jambes qui flageolaient terrible. Après s’être un peu ressaisi, il s’adressa à Ludovic.

 _ C’est quoi c’machin.

_ Je n’en sais rien. Juste que ça m’a fait un choc lorsque je l’ai aperçu ce matin.

_Pourqu’ ?

_ Je vous l’expliquerai devant un verre. Vous êtes tout pâle.

 Pouvait pas être plus ravi, le maire, de se voir offrir un verre dans son troquet. C’était pas tous les jours qu’il recevait du beau monde. Puis, il pourrait se vanter d’avoir fait un tour en aéroplane. Qu’il avait mêm’ pas eu la trouille. Juste les chocottes. Mais ça il ne le dira pas. L’avait pourtant failli tout lâcher au décollage. Mais il avait pris sur lui et serré au maxi. Il en avait encore mal. Mais rien n’avait coulé.

 Devant une bonne chopine de rouge, Ludovic lui raconta son histoire. C’était au cours de l’automne 1917. Il était alors jeune Lieutenant dans le second groupe de l’Escadrille des Cigognes, affecté à la reconnaissance aérienne.  Il s’était plaint à son mécanicien, Léon dit Toujours que son avion faisait trop de bruit pour passer inaperçu au-dessus des lignes ennemies.

_ J’ peux vous bricoler un silencieux si vous voulez, mais vous allez perdre de la puissance. Et ça, si vous êtes surpris par un …

_ Je ne pourrais pas m’en sortir ?

_ Exact, mon Lieut…

_ Léon, je t’ai déjà dit qu’entre nous, y a pas de grade.

_ … Mais je crois que j’ai une idée.

 Et le lendemain matin :

_ Mon Lieut…

_ Léon !

_ Ludovic, je vous ai bricolé un truc… Vous voyez cette manette ? Tant que vous n’avez pas besoin de faire moins de bruits, vous la gardez dans cette position. Lorsque vous voulez être silencieux… si j’ peux dire… vous l’abaissez comme ceci. Vous perdrez de la puissance mais resterez en vol. Et pour retrouver toute la puissance du moteur, il suffit de la relever.

 Après un petit vol d’essai, Ludovic était satisfait du système imaginé par Léon dit Toujours. S’il avait su…

 Tout se passa bien pendant une dizaine de jours, avec chaque nuit ses éternels vols de reconnaissance qui se déroulaient plus ou moins sans grosses encombres.  Jusqu’à une nuit de pleine lune et sans nuages. Il était parti une nouvelle fois en reconnaissance au-delà de lignes ennemies aux commandes de son vieux Spad peint en noir et comment disait-il ?   Ah oui bariolé (noir pour la partie visible du sol, bariolé (marron, vert, gris) pour celle vue du ciel, histoire d’être le moins visible possible.

Et alors qu’il cherchait à repérer les positions adverses, la nuit se fit de plus en plus sombre, le privant de vision au sol. Pourtant, il y avait de la luminosité tout autour de lui, mais pas sous lui. C’était très étrange. Cela l’intrigua. Plus rapidement d’ailleurs que le temps que je mets à décrire cette scène. Il leva les yeux vers le ciel. Et eut très peur.

C’est d’ailleurs à partir de cet événement que ses cheveux devinrent blancs malgré ses vingt-deux ans à peine entamés. Une grosse ombre noire le survolait. De forme ovale. Il crut tout d’abord se trouver sous un ballon ennemi avant de comprendre son erreur. Il était lui-même trop haut pour cela. Alors qu’est-ce qu’était donc ? Il n’eut pas le temps de le savoir. De peur, il  poussa le manche à balais et parti en piqué.

C’est alors qu’un énorme sifflement se fit entendre. Il était effrayé et regarda de tout côté pour savoir d’où provenait ce sifflement. Il se rendit assez vite compte que c’était son avion qui le produisait. Rassuré, il jeta un regard vers le sol qui se rapprochait dangereusement de lui. Il eut juste le temps de constater la panique des soldats ennemis qui fuyaient en courant, se bousculant et se bouchant les oreilles. Il rétablit son appareil et regarda le ciel au-dessus de lui. Il n’y avait plus l’ombre. Celle-ci avait disparu.

 Lorsqu’il se posa, Léon lui demanda comment c’était passé son vol. C’est là, plus amusé par ce qu’il avait vu au sol, qu’apeuré par ce qui était dans le ciel, qu’il comprit d’où venait le sifflement…

 _ Géniale, ton invention Léon !

_ Quelle invention mon lieut… Pardon, Ludo ?

_ Ben ton sifflet !

_ Quel sifflet ?

 Et Ludovic de lui narrer son aventure.

_ Ah, ça doit être le poids que j’ai du fixer sur la commande pour l’empêcher de sauter en cas de looping. Il a du déplacer le volet d’ouverture de la dérivation. Vous pouvez me montrer ?

_ Monte, on décolle tout de suite.

 Une fois à 1.500 mètres, Ludovic parti en piqué sur le terrain, déclenchant l’énorme sifflement qui fit fuir les hommes au sol. Les deux occupants se mirent à rire devant le spectacle qui s’offrait à leurs yeux. Mais une fois revenus sur la terre ferme, c’est au rapport que Ludovic dut se rendre.

 _ C’était quoi cette plaisanterie ?

_ Rien mon Commandant ! Juste une trouvaille de mon mécanicien…

_ Vous appelez ça une trouvaille ?

_ Oui mon Commandant ! Cette nuit j’ai du faire un piqué au-dessus de l’ennemie parce que j’étais poursuivi par…

_ Et alors ?

_ Ben, mon Commandant, j’ai pu voir le reflet de la lune sur les baïonnettes adverses qui s’éparpillaient dans et hors des trancheés, tant ils étaient effrayés par ce sifflement.

_ Faits venir votre mécano.

 Et c’est ainsi que les trois appareils dont il disposait furent modifiés et utilisés à semer la panique dans les rangs adverses et permettre aux troupes au sol de réaliser quelques avancées. Mais revenons à notre propos principal. Revenons à la discussion entre Ludovic et le maire de… D’où d’ailleurs ? De La Brise de la Pastille, aux confins Est du 89.  

_ Voila pourquoi, je me suis posé ici. J’aimerais voir de près ce qu’il y a au sol. Et en tant que réserviste, je voudrais que les gendarmes puissent eux aussi  le constater.

_ Bon, ben faut aller voir le curé pour qu’il téléphone.

_ Vous n’avez pas le téléphone à la mairie ?

_ Non, trop cher.

_ Et ici ?

_ Y a la cabine des PTT, dit-il en la montrant au fond de la salle. Mais faut payer… répondit-il en enfonçant la tête entre ses épaules, tout penaud.

_ Mettez-moi en communication avec la gendarmerie.

 Ayant joint le Maréchal des Logis Honorin Terrieur  il raconta à celui-ci sa découverte. Intrigué, ce dernier lui répondit qu’il partait sur le champ avec son collègue, mais qu’à vélos, ils ne seraient pas au village avant 14 h 00. Cela laissa le temps au maire de trouver une carte d’état major et un moyen de transport pour se rendre sur place. C’était la bétaillère du père Jules, le maquignon qui marchanda l’essence pour le voyage. Quel village de ladres pensa Ludovic, plus pingres les uns que les autres. A croire qu’il y avait un concours pour être le plus rat.  Lui en profita pour casser la croute avec une belle assiette de cochonnailles et un bout d’époisses. 

Ce n’est que sur les 14 h 25 que les gendarmes arrivèrent, flapis de leur course en vélos. Ludovic leur offrit un verre et tout le monde prit place dans le carrosse du père Jules. Ludovic à côté de lui pour le guider, le maire et les deux gendarmes à l’arrière, au milieu des  effluves du dernier transport.  Au bout d’une demi-heure Ludovic aperçut le fanion qu’il avait largué et l’indiqua au père Jules.

 _ Vu ! C’est là-bas qu’on va ?

_ Oui.

_ Mais c’est les terres du bossu.

_ Et alors ?

_ L’est pas commode le vieux.

_ Vous avez peur ? Même avec les gendarmes ?

_ L’ connaissez pas l’animal. L’est capable d’ nous j’ter un sort.

_ Ne vous en faites pas. Je suis là moi aussi.

_ Et z’êtes qui au juste ?

_ Ben, moi !

 Arrivés, tout le monde descendit de la bétaillère et se regroupa autour de Ludovic. Celui-ci monta sur le toit de la bétaillère pour bien se repérer. Puis il s’adressa aux autres.

 _ D’ici j’aperçois très bien la forme dont je vous ai parlée tout à l’heure. Il faudrait que vous puissiez la voir vous-même.

L’un après l’autre, les quatre qui l’accompagnaient montèrent sur le toit de la bétaillère.  Quant tous en furent redescendus, Ludovic distribua les rôles. Il s’agissait de mesurer grossièrement la trace trouvée au sol. Un immense ovale contenant six trous formant les sommets d’un hexagone  étiré et un trait vers une extrémité.  Sur cette surface le sol était quasi nu, presque vitrifié, alors que tout autour l’herbe était normale. Qu’est-ce qui avait bien pour faire ça ?

 Au terme de cet examen, le Maréchal des logis nota les différentes mesures obtenues et annonça à Ludovic qu’il ferait un rapport à sa hiérarchie et à l’armée. Ce qu’il fit en rentrant. La suite on la connait que trop bien… Il n’y eut pas de suite. Le rapport ayant été classé comme farfelu et sans intérêt militaire. Pourtant  si l’on survole encore aujourd’hui le secteur on peut toujours découvrir ces traces dans le « champ du signe » comme l’ont appelé les rares témoins de ce fait d’hiver divers.

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3-213_GR02_Champ-du-signe

 


 

 

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10 mars 2012

La Ferr a ri

Qui se souvient d’Artémon Baran Zéphirin Gousset, marquis de la Ferr, aristocrate du XVI° siècle (et non arrondissement), quoiqu’il y vécut avant l’heure, lors de ses dernières années. C’était un Franc-Comtois d’origine féru d’horlogerie au point d’y investir une partie de ses économies en créant un atelier de fabrication de pendules comtoises. Ses forêts fournissaient le bois nécessaire… Mais sa véritable passion était les montres de poche. C’est d’ailleurs lui qui eut l’idée de se faire confectionner une petite poche au revers de ses vestes ou sur ses gilets pour y glisser ses montres…

 _ T’es sur de ce que t’avances ?

_ Au jour d’aujourd’hui tout l’ monde se fout de savoir si c’est vrai ou pas. T’as qu’à lancer le truc et regarder comment ça retombe.

_ C’est vrai. Un c.n lance une affirmation. Elle est reprise par Truc qui la refile à Machin. Chose s’en accapare et ça fait le buzz en un rien de temps.

_ D’autant que personne n’a cherché à en vérifier la teneur.

_ Ouais… Mais pourquoi t’inventes ce truc ?

_ Pour mon prochain délire et son titre au jeu de mot encore plus vaseux que les précédents.

_ Tu peux m’en dire plus ?

_ T’as qu’à lire ce qui va suivre…

 

La Ferr a ri

 

Oui, vous avez bien lu, La Ferr a ri… 

J’aurais certainement du vous présenter le descendant de ce fameux Artémon (…) Gousset du Triviers de Portal, marquis de la Ferr qui n’a conservé depuis la Révolution que le patronyme de La Ferr. Il s’agit aujourd’hui de Baptistin Tancrède Sigfroi La Ferr, appelé plus simplement  B.T.S. 

_ Ghiles, quand B.T.S. lui à dit de le faire, a ri

_  Sacré Ghiles !

_ Tu l’as dit… C’est bien de lui.

_ Pour sûr !

_ Ouais ! L’est impayable, le vieux. J’y crois toujours pas.

_ A quoi ?

_ Ben, que quand B.T.S. que recevait Ghiles le lui à dit …

_ Lui a dit quoi ?

_ Ben,  que Ghiles, quand B.T.S. lui à dit de le faire, a ri.

_ Et Alors ?

_ T’es plus bouché que boucher mon propre  Oscar (1), La Ferr a ri aussi !

_ Peut-être, mais je vois toujours pas où tu veux en venir.

_ C’est pourtant simple… Raymond, tu nous remets ça S.T.P.

 

 Et après que Raymond, le patron de l’Auberge bressanne leur ai renouvelé leurs verres, la conversation reprend. 

_ C’est parce que La Ferr lui a demandé de réviser sa voiture que le Ghiles  a ri.

_ Mais je n’en ai jamais approché une depuis que je travaille. Je n’y connais rien à ces voitures.

_ Vous inquiétez pas, vu comme vous vous occupez des autres, vous y arriverez aussi avec celle-ci.

_ J’en suis moins sur que vous.

_ D’accord, je vous la laisse quand même pour quinze jours. Faites votre possible…

 

Et sur ces mots, le B.T.S. était reparti en taxi, laissant sa Dino 246GT aux bons soins du père Ducoin. Lequel s’empressa d’appeler à la rescousse D.K. Bocet pour qu’il lui trouve de la documentation.  Le défi qui lui était lancé commençait à intéresser le faux retraité. Il se piqua si bien au jeu qu’il parvint  à redonner de la vigueur à la belle italienne qu’il avait chouchoutée.

 Lorsque son client revint chercher la belle Ghiles eut un petit pincement au cœur.  Il n’eut pas de nouvelles de son client pendant trois longs mois jusqu’au jour où il vit arriver dans sa cour  une 365 GT4 Daytona suivie d’une 3008.

 Ce fut le déclic… Depuis le garage Ducoin est habilité officiellement à la chose.

 _ (1) Oscar Thiers-Debeuf, boucher à Trainons lès Piay

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