01 janvier 2010
Voeux 2010

20 décembre 2009
Neige à volonté !
De mémoires de Trainards (1) on n’avait pas connu ça depuis la grande hiver de 1956. Pensez vous, moins 16 à 9 heures du matin un 20 décembre. De quoi se les geler grave, comme les oliviers en Provence.
Mais foin d’oliviers à Trainons lès Piay, juste des champs, des prés et quelques bosquets. Faut dire que le point culminant de la commune n’est qu’à 241 m, et le plus bas à 235m. C’est dire s’il y a du relief dans la commune.
Et pourtant, les fortes chutes de neige des dernières 48 heures y ont semé une belle pagaille. Faut dire aussi que de jeunes crétins venus de la ville y sont aussi pour quelque chose. Tous au volant de voitures plus ou moins puissantes mais non adaptées à ce type de circulation.
Mais eux non plus. Savent pas rouler avec un œuf sous chaque pied. Alors ????
Ben c’est la m…e en maints endroits. Voitures en travers, tant que le nez ou l’arrière n’est pas dans le bas côté… Ou alors, au moindre petit raidillon, ça refuse de monter. Ou ça descend tout seul…
Ceci lorsque la route est dégagée. Mais ce n’est pas le cas partout car la DDE, devenue départementale ne peut être partout à la fois. Priorité aux grands axes.
_ Aux quoi vous avez dit ?
_ Ben, aux grands axes…
_ C’est quoi ?
_ Les autoroutes, les routes principales, les départementales et …
_ Et nos routes à nous, elles sentent le purin ?
_ On peut pas être partout à la fois. On suit le plan …
_ Et nous, on est dedans ?
_ Oui, mais assez loin.
Alors le maire de Trainons lès Piay a réquisitionné le chargeur d’Emile Quillot pour qu’il dégage la route qui conduit à l’ex nationale en direction de Piay.
Nous le découvrons en plein travail.
_ Hein ??? Parce que tu crois qu’il travaille ?
_ C’est ce qu’il devait faire non ?
_ Sûr ! Mais là on dirait pas…
_ Ah bon ! Et pourquoi ?
_ C’est cette putain de barre de liaison entre les essieux qu’est gelée. Le joint à peté …
_ Comme le joint de culasse du garage à Prévost ?
_ … Et y a plus de graisse. Suis dans la m…e. Faut que quelqu’un retourne chez moi et m’en ramène un autre.
C’est la manœuvre de retournement que s’apprête à faire le conducteur de la Taunus. Et comme on dit par ici, il est pas encore rendu…
Bon courage à tous ceux qui doivent prendre la route en ce moment.
_ (1) habitants de Trainons lès Piay



07 décembre 2009
Du luc… du luc…
3-114 - Ou « A la recherche du luc perdu (de vue) »
_ Du luc ! Du luc ! … C’est par ces mots crus que fut approuvée l’idée.
Mais quelle idée ? Revenons quelques heures en arrière.
Luchien Dant (1) assiste, en qualité de sapeur-pompier volontaire, à la réunion préparatoire au Loto de son Amicale (cf. 3-112 – C’est pour le calendrier).
Le lendemain matin, aux aurores et au comptoir du Verre Biage, le troquet d’Alfred Naghe, devant son verre de blanc verdelet, raconte à ses potes ce qui s’est dit la veille au soir.
_Comme j’ vous l’dit ! Vont faire venir des gonzesses à poil , pour le calendrier.
_ Tu déco…es ! Lulu
_ Que dalle, Raymond. Tu t’ rappelles pas celles qu’on a ratées l’aut’e fois ?
_ Les bécoises ?
_ C’est ça. Les bécoises… Elles reviennent.
_ Et alors ?
_ Vont faire les photos avec nous aut’ en uniformes.
_ Sans char ?
_ Comme j’ t’ vois là. … Bon c’est pas tout, faut j’aille travailler. Salut et à tantôt…
Une fois Lucien parti, les autres continuent de discuter avant de s’en aller chacun de son côté. Et de fil en aiguille l’info fit son chemin à travers la population jusqu’au club du troisième âge. Où Alain Guale prit la parole.
_ Cela fait trois semaines que nous cherchons une idée originale pour notre sortie annuelle et que nous avons encore une fois, les châteaux de la Loire ou le Mont St Michel, sans parler de Lourdes ou du Puy en Velay. Je rappelle que nous les avons déjà faits au cours de ces dernières années. Personnes n’a une idée neuve ?
_....
_ Z’êtes pas en forme cet après-midi.
… Tout à coup, prenant son courage à deux mains, le petit père Manu Terge leva la main.
_ J’ai une idée…
_ Allez-y.
_ J’ose pas...
_ Mais si, vous avez levé la main. On vous écoute.
_ C’est que … Bon, j’y vais… Mais faudra pas m’en vouloir après…
_ Mais non, c’est quoi votre idée.
_ Ben, c’est au sujet de ce qui se raconte au bourg depuis quelques jours...
_ Et c’est quoi ?
_ Ben, vous le savez tous. Et se tournant du côté où la gent féminine s’était regroupée. Je m’excuse par avance… Mais c’est au sujet des filles nues.
_Oooh ! C’est honteux ! Fusa alors.
_ Taisez-vous ! Répliquèrent les hommes de leur côté.
_ Moi j’aimerais bien les voir, dit une petite voix féminine au milieu des horions qui volaient bas tout à coup, ça me rappellera ma jeunesse. Du temps que j’étais belle.
Il fallut l’ouïe de Louis pour l’entendre au milieu du tumulte.
_ SILENCE !!! Silence ! Je viens d’entendre quelque chose d’intéressant.
_ C’est quoi ?
Se tournant vers Ernestine Edgers (elle avait épousé un anglais), vous pouvez répéter ?
_ Oui… J’aimerais bien… les voir.
_ Traitresse ! Lâcheuse !
_ Ben, j’ai bien le droit. Je sais ce que c’est une femme… J’en suis une… Je vois pas en quoi ça me choquerait d’en voir une autre comme moi… Je sais aussi que j’ai plus vingt ans depuis belle lurette.. Alors je suis pour.
Et c’est ainsi qu’après quelques hésitations et autres prises de becs une bonne vingtaine d’ainés de Trainons lès Piay affrétèrent un autocar pour se rendre Cernès où les Fire Girls se produisirent. Mais comme c’était la sortie annuelle, et pour justifier de la subvention municipale reçue, ils firent d’abord un crochet inutile par Toulouse, Albi et le viaduc de Millau.
_ (1) Lucien Dant n’a jamais pu prononcer le son « se »



29 novembre 2009
Quand on va en ville
Ha, la campagne ! Ça a du bon, mais pour faire les vitrines ? A part les vaches ou les chevaux, il y a peu de choses à voir. Alors, comme dit la chanson. Quand on arrive en ville …
La première chose que l’on doit faire, c’est trouver une place de stationnement. Si possible gratuite. Et à défaut dans le parking le plus proche des commerces, au cas où. Et c’est souvent où.
Alors, pendant que Madame court les magasins, que fait Monsieur ? Il court les boutiques de miniatures…
D’accord, vous n’êtes pas encore accros à ce point. Alors vous courrez ce qui vous fait plaisir.
Et lorsque vous vous trouvez dans une ville dépourvue de votre pôle d’intérêt principal ? Perso je flâne le long des rues, le petit – ou parfois, le grand – APN prêt à servir, des fois qu’au détour d’une rue…
Ce fut le cas ce samedi où la cueillette fut excellente.
Faut dire que pour une telle cueillette il y en aura bien eut une trentaine de décevantes.
Mais il y a des villes – ou villages – qui se prêtent mieux à cette quête. Pourtant il n’y a aucun critère permettant de les sélectionner à l’avance.
Pourquoi ce samedi, j’ai trouvé matière à décors alors que lors de mes passages antérieurs je n’avais rien trouvé d’intéressant ? Parce que j’ai osé aller un peu plus loin que d’habitude.
Un carrefour de traversé, et là, merveille des merveilles, sur un peu plus de 500 m que du matériau de premier choix. Alors, poussant toujours plus loin, j’ai découvert une autre ville dans la ville.
Merci Chalon sur Saône


10 novembre 2009
Le coup de pinceau
Pendant que le pompiste fait le plein de son Izoard, Eugène Herratteur découvre le nouveau garage Simca devant lequel il a du s’arrêter. D’habitude il faisait le plein chez Laurette à la Culée sous Bois, 50 km plus tôt, mais avec son nouveau camion, il fait plus de kilomètres qu’avec l’ancien.
Malgré tout, prudent il s’est résigné à s’arrêter pour ravitailler. Le nez en l’air il regarde un ouvrier qui termine la pause d’une enseigne sous l’œil acéré d’un trio endimanché.
Doivent-z-être le patron, l’archi et le proprio. Pensa-t-il.
_ Et y en a pas-z-un pour …
_ Pour quoi au juste ? Hein, Eugène, t’es comme ma femme, tu termines jamais tes phrases.
_ Salut Raymond, t’avais point vu derrière mon bahut. T’es dans le coin ?
_ Ouais, j’ suis avec mon équipe qui refait le goudron derrière. Ceux qui l’ont fait avant l’ont tout salopé. Tu disais ?
_ Ben, pour relever la connerie qu’est écrite la d’sus.
_ Où ça ?
_ Ben, l’enseigne qu’est tout’ neuve.
_ Quoi ? Garage du Cernois ?
_ Ouais… Tu vois pas ?
_ Non…
_ Et si j’ t’ dis Serre… Non, plutôt comment t’écris …
_ D’ac’. J’ai pigé. T’as raison j’en est mal aux miennes.
_ Tu vois. J’ parie qu’ c’est un gars d' la ville qu’à trouvé c’nom.
_ Mais pas du tout Gégène… C’est Manu.
_ Qui ça ?
_ Manu Tansion, le livreur de la Coop de Cernés qu’est au conseil avec moi et qu’est adjoint. Il a fait partie de la commission.
_ Pas la grosse, j’espère …
_ … Non. T’es en forme aujourd’hui.
_ Tu l’ féliciteras de ma part. Pouvait pas trouver mieux ?
_ Ils ont ramé pendant trois mois avant de trouver ce nom. Paraitrait même qu’on leur a dit qu’il sonnait bien en bouche…
_ Tu veux dire à l’oreille ?
_ ??? Euh ! Oui, t’as raison… à l’oreille.
_ Y sonne peut-êt’e bien mais ça reste une connerie. Vont pas avoir beaucoup d’amateurs. Bon faut qu’ j’y aille maintenant. Salut Raymond et fais gaffe aux tiennes…
_ Toi aussi Gégène… Bonne route.


09 novembre 2009
Un nouveau nid pour l'Aronde
Paul Hyttick était fou de rage en raccrochant son téléphone. Il fulminait à n’en plus pouvoir. Il était au bord de l’apoplexie. S’il ne se calmait pas tout de suite il courait à la crise cardiaque ou à l’infarctus. De toute manière cela reviendrait au même. Aussi prit-il la décision de se rasseoir. A l’annonce de la nouvelle, il n’avait fait qu’un bond de son siège et avait violemment reposé le combiné sur son socle. Maintenant il avait les deux poings posés sur le bureau qu’il martelait avec force.
_ Mauricette ! Criat-il.
_ Oui, Patron, j’arrive…
_ Appelez moi Mar...
_ Mais que vous arrive-t-il Patron ? Z’êtes tout rouge !
_ Appelez-moi Marcel !
_ Mais vous z’appelez pas Paul ?
_ Faites pas l’andouille… C’est pas le moment… J’ vous dis de m’appeler Marcel !
_ ???
_ Ben le maire de Cernés.
_Ah, oui... M. Libas ?
_ C’est ça, Marcel Libas…
_De suite, Patron.
_ … A son magasin. Eut-il juste le temps de préciser alors que sa secrétaire quittait le bureau en trottinant.
_ … Allo ! Paul ?
_ Oui Marcel !
_ Que puis-je pour ton service ?
_ Rien mais c’est au Maire de Cernés que je voudrais parler.
_ D’accord. Attends une seconde, je change de combiné. Lui répondit Marcel Libas avant de quitter le magasin d’électro ménager qu’il gère dans le rue Centrale et gagner son bureau à l’arrière de l’immeuble. J’y suis. Le Maire de Cernés t’écoute.
_ J’ai une mauvaise nouvelle à t’annoncer, lui lança tout de go Paul Hyttick qui commençait à s’énerver à nouveau.
_ Qui est ?
_ Qu’on m’a refusé la concession Simca !
_ Hein ?!?
_ Et oui, ces abrutis de Poissy m’ont jeté comme un malpropre. Z’ont pas voulu me donner le panonceau.
_ Et alors ?
_ Alors ? … Ben, mon projet de m’agrandir et de m’installer chez toi, du coup il tombe à l’eau !
_ Bah ! T’en fais pas pour la commune nous avons déjà quelqu’un pour te rem…
_ QUOI ???? T’as déjà quelqu’un !
_ oui …
_ Perdez pas vot’ temps vous autres.
_ Oh ! Calme toi un peu tu veux bien ? La commune y est pour rien. Ça fait des mois que …
_ Que quoi !!!
_ Ben, qu’on est en contact avec le futur concession…
De rage, Paul Hyttick avait raccroché, ne voulant pas en entendre davantage. Il avait été doublé. Il s’écroula dans son fauteuil et tenta de se calmer.
Pour comprendre la situation, il nous faut revenir quelques mois en arrière.
Il y avait longtemps que le projet d’un secteur réservé aux entreprises était dans les cartons du maire de Cernés. Mais je devrais plutôt écrire les projets car s’il(s) avai(en)t germé dans la tête des élus de Cernés, il en était de même dans celles de ceux de Ménoies sous Vairges. Réserver une partie du territoire de la commune où les entreprises pourraient s’installer sans déranger les habitants du village. Les mettre loin des habitations. Les élus de Cernés eurent l’idée de la projeter en limite de Ménoies et ceux de Ménoies en limite de Cernés. De fait leur(s) projet(s) se situai(en)t au confluent du Rubi-Consai et de l’Ondine Obeur.
Comme toujours, les projets les plus secrets sont les premiers connus si bien qu’un jour les maires des deux communes se réunirent pour discuter d’un projet commun. C’est ainsi qu’une entente vit le jour pour arrêter le périmètre de ce secteur et fixer les conditions d’un pacte de non concurrence et s’entendre sur les conditions de son aménagement. Et puis quelqu’un lança l’idée de lui donner un nom. Que n’avait-il pas dit ?
Ce fut pire qu’à Clochemerle. Au point que les deux conseils municipaux menacèrent à tour de rôle de démissionner en bloc si le nom qu’il proposait n’était pas accepté par l’autre. Il fallut désigner une commission de conciliation parce que des pressions étaient apparues de la part d’entreprises intéressées de s’implanter sur le canton. Certains avaient sentis le fromage et en voulait un morceau. De préférence le meilleur et, si possible, le plus gros.
Ce n’est qu’après d’âpres discussions mais aussi de pots vidés qu’un accord se fit jour sur le nom de cette zone, ce serait la zone d’entreprises du Cernois, condensé de Cernés et de Mesnoies.
Mais il y avait un hic. Les terrains ne leur appartenaient pas, mais au sieur Anlon qui vivait au Tonkin, comme on disait encore à l’époque. Lorsqu’il décéda, Maître Liéhaire, son notaire en informa les élus.
Trois ans plus tard, le temps de régler la succession – faut dire que M° Lambrouille, en sa qualité d’avocat d’un des héritiers, était passé par là et avait justifié très largement son patronyme – les terrains devinrent la propriété des deux communes.
Le premier chantier fut la construction d’un pont sur l’Ondine Obeur pour desservir la zone, mais sur Cernés ou sur Mesnoies ? Chaque commune le voulait chez l’autre, pour ne pas avoir à le payer. La chicane reprenait le dessus. Foin d’arbitre ce coup ci. Ce fut un tirage à la courte paille qui décida de qui aurait à construire le pont construire. Ce fut à Mesnoies sous Vairges de s’y coller, en amont du confluent, là où l’Ondine était la plus large !… Merci pour les impôts locaux !!!
Puis vinrent les travaux de viabilisation des lots et leur commercialisation. Et contrairement à leurs attentes, les acheteurs potentiels ne se bousculèrent plus. Loin sans faut. Faut dire à la décharge des acheteurs potentiels que les exigences des communes dépassaient l’entendement. Et les contribuables locaux de supporter l’achat des terrains et leur viabilisation.
Prêt à la vente dès fin 1952, aucun des 17 lots ne trouva preneur avant l’automne 1955.
Jusqu’au jour où se présenta Norbert d’Aure (1) en vue d’y implanter une concession Simca, chose que Paul Hyttick n’était pas parvenu à obtenir sur Cernés le Vieux et projetait sur Cernés.
Mais qui de Cernés ou de Mesnoies, serait la première à vendre une parcelle de terrain ? Trop contents d’avoir enfin un acheteur, les deux maires se livrèrent à de folles enchères pour tenter d’arracher la vente. Mais la bataille était déséquilibrée, Cernés disposant de plus de ressources.
De guerre lasse, le Maire de Mesnoies sous Vairges finit par jeter l’éponge, soulagé au fond de lui, de ne pas avoir à présenter à son conseil municipal l’ensemble des prétentions auxquelles devrait faire face celui de Cernés. Et c’est vrai que Marcel Libas, eut beaucoup de mal à convaincre ses collègues d’accéder à certaines demandes émanant de Norbert d’Aure : lui construire le bâtiment et le lui louer pendant 30 ans, après quoi il en deviendrait propriétaire. Mais la transaction put aboutir.
C’est ainsi qu’il nous est permis aujourd’hui, grâce aux Feuilles défraîchies, les archives de la Feuille de Choux Farcie, de découvrir ces photos prises de cette nouvelle concession Simca que Norbert d’Aure inaugurera aux premiers beaux jours, le printemps suivant.
_(1) Norbert Oscar Honoré Lingo d’Aure-Embart, pour l’état civil



01 novembre 2009
C'est pour le calendrier
C’était en février dernier. Plus précisément le jour de la St Blaise. Alors qu’ils terminaient la préparation de leur Loto traditionnel qui aurait lieu le samedi suivant, les sapeurs-pompiers de Maizy lès Piay se posèrent LA QUESTION… Que fait-on pour le calendrier de l’an prochain ?
Pourquoi cette question métaphysique ? Qu’elle introspection les avait piqués ? Faut dire que le produit de la distribution du dernier calendrier avait connu une certaine baisse, pour ne pas écrire une baisse certaine (- 28 %).
C’est vrai que depuis quelques lustres c’était toujours la photo du corps du centre de première intervention qui servait de support. Pour celui de la Poste c’était les petits chattons, les petits chiots, le cheval ou un paysage.
_ On va quand même pas poser à poil comme les rugbymen, nous aut’es. T’as vu not’e physiqu’. On en vendrait pas un.
_ Ni nos bonnes femmes. Rien que (le poids de) la Nicole t’as la photo qu’y s’ décolle…
_ Peut-être mais faudrait voir à trouver quéque chose. Réfléchissez et vite car dans un mois faudra donner la photo à l’imprimeur.
...
_ Maurice ! J’ crois que j’ai trouvé…
_ Et quoi donc Julien ?
_ Vous vous souvenez des nénettes à poil qu’on a vues à Vairges la Montagne l’an passé ? (1)
_ Ouais, et alors ?
_ Elles reviennent cet été. Et si on en profitait pour prendre des photos avec elles ?
_ Tu crois qu’elles seraient d’accord ?
_ Pourquoi pas…
_ Et combien qu’elles demanderaient ?
_ Oh, pour les pompiers…
_ Faut voir. Qu’en pensez-vous, vous aut’es ?
_ J’ suis pour…
_ Moi z’aussi.
_ Et moi.
_ Pour sûr que j’ suis d’accord.
_Si j’ai bien compris, j’ai pas le choix.
_ Non Maurice, faut qu’ tu t’y colle au plus vit’.
Et c’est ainsi qu’un beau jour de juin dernier, à l’occasion du marché la séance de photos fut organisée et qu’en cette fin d’année les habitants de Maizy lès Piay se rueront sur le calendrier des sapeurs-pompiers.
Cela me rappelle une anecdote.
C’était pour le réveillon de la Saint Sylvestre. Nous étions chez des amis et nous attendions le dernier couple dont le mari était chef du corps des sapeurs-pompiers du chef-lieu. Coup de sonnette à la porte d’entrée. Je suis chargé d’aller ouvrir la porte et là je le découvre en uniforme et aussi sec, je lui dis :
_ Si c’est pour le calendrier, c’est déjà fait. Et je repousse la porte.
Eclats de rire de tous les autres qui ont assisté à la scène.
Et j’ai droit à cet épisode chaque fois que nous sommes à nouveau réunis.
Envoi gratuit du calendrier 2010 du Centre de Première Intervention de Maizy lès Piay sur simple demande à surleblog43(chez) hotmail.fr
(1) voir "Les belles bacchantes" sur fcfretrovision2




17 octobre 2009
Shell que j'aime
Nous sommes dans les années 1960.
Cela fait maintenant quelques mois que Marcel Grasset s’interroge. Il voudrait bien remplacer sa vieille Commerciale mais Simca fait la sourde oreille pour lui en fournir une neuve aux couleurs de la marque. N’est pas concessionnaire, s’est-il vu répondre par un des commerciaux… pas très commercial tout de même. Alors il ronge son frein.
Z’avez pas remarqué en passant devant son garage, que certains jours ça sent les garnitures brûlantes ?
Et puis, un matin, il reçut la visite de Tony Malth, le représentant de la coquille comme il aimait à la dire en privé. Celui de la Shell. Ce devait être important pour que celui-ci se déplace en personne et sans s’être fait annoncer. Aussi se tint-il sur ses gardes et redoubla-t-il d’attention lors de leur rencontre.
_ M. Glasset, attaqua Tony Malth, vous n’êtes pas sans savoir que votre contrat pour la distribution du carburant arrive à échéance dans trois ans…
_ Je sais. Mais nous n’avons que 12 mois de préavis…
_ OK ! Mais si je vous en parle c’est parce qu’un de nos concurrents est en train de démarcher nombre de pompistes pour proposer son enseigne.
_ ???
_ Nous avons appris que déjà plusieurs d’entre eux avaient accepté… Alors que nous voulons conserver les nôtres… Enfin ceux qui marchent bien, comme vous.
_ Et alors ?
_ Nous voulons vous proposez un nouveau contrat d’exclusivité de 10 ans dès maintenant.
Et une très longue négociation de s’engager. Si Hélène Detrois, la secrétaire, n’en perdit pas une miette, collée à la porte qu’elle était, des bribes se firent quand même entendre dans l’atelier lorsque le ton montait. Ce fut long, laborieux, intense mais fructueux.
Côté pétrolier, le contrat d’exclusivité était signé. Grasset resterait sous la coquille.
Et côté Grasset ? Demanderiez-vous…
Ben, il continuera à distribuer du carburant sous le panonceau Shell, mais avec de nouvelles pompes mais aussi et surtout un nouveau break tout neuf. D’accord, il ne sera ni Simca ni aux couleurs de la marque, mais Opel et aux couleurs du garage du pétrolier. Mais ce break ne lui coûtera rien puisqu’offert par la Shell. Faut dire que se sentant en position de force, il avait profité de la situation. Ce n'est pas tous les jours possible.
Quant au fameux concurrent de la Shell. Beaucoup l’on découvert au petit matin avec ses ronds rouges. Ce n’était qu’Elf qui s’affichait à la place de toutes les enseignes qu’il regroupait.

03 octobre 2009
La région du Douro au Portugal
C’est en discutant avec un ami de notre projet de voyage au Portugal que celui-ci nous suggéra d’aller visiter la vallée du Douro, berceau, outre des vins du Douro, des cépages servant à la confection du Porto. C’était une occasion de bien terminer notre séjour. Il nous parla aussi d’une maison d’hôte située à Gouvães do Douro.
Le résultat fut plus qu’à la hauteur de nos espérances grâce notamment à Francisco, en charge de sa gestion, qui fut notre hôte pendant deux jours et à Lisa qui nous fit une excellente cuisine locale (pour gros mangeurs) . Je n’en dirai pas plus sur cette maison, puisque tout est dit sur elle sur http://www.casadegouvaes.com/
Le calme du village et la vue magnifique que l’on a sur la vallée du Douro pour peu que l’on traverse le village et que l’on gagne l’autre versant de la colline (environ 2km) justifient à eux seuls que l’on monte jusqu’à Gouvães do Douro.
A signaler qu’il ne figure pas sur la carte Michelin (édition 2009) n° 591 consacrée au Portugal Nord. En fait il se situe à peu près sous le h de Pinhão.
Pour le trouver j’ai utilisé la fonction « Maps » de Google et j’ai imprimé la carte. C’est d’une bonne précision. Utile lorsque la voiture de location est dépourvue de GPS. Ce qui était le cas.
Il faut quitter Pinhão en direction de Sabrosa par la M323 et après 2 km environ, à l’approche d’un épingle à cheveu virant à droite, prendre une petite route sur la gauche avec un panneau « Casa do Gouvães » carrossable bien que pavée. La maison est à l’entrée du village, face à la « mairie ».
Pour atteindre Pinhão le plus simple est de quitter Porto par l’autoroute en direction de Villa Real puis de prendre celui qui descend en direction de Viseu. Quitter ce dernier à Peso de Régua pour relier Pinhão par la N222 qui remonte le Douro par sa rive gauche.
Mais si vous aimez les routes sinueuses de montagne je vous propose celui que nous avons emprunté.
Quitter l’autoroute venant de Porto après Amarante (sortie 18) où se réalisent d’importants travaux d’aménagement) et prendre à droite la N101 en direction de Mesão Frio puis de Régua. Sur les près de 40 km vous allez – en gros - monter pendant un premier tiers, descendre pendant le deuxième, et suivre le Douro pendant le troisième. Mais quels paysages ! Et quel pied si comme moi, vous ne trouvez pas un camion devant vous. Le premier point de vue intéressant sur le Douro se trouve après Mesão Frio au carrefour où la N101 rejoint la N108.
Une fois sur cette N108 il y a quelques virages étroits où nous avons eu droit au savoir faire des chauffeurs routiers pour se croiser, comme au bon vieux temps sur nos propres nationales. Un chauffeur descend et avec force gestes incantatoires permet à l’autre d’extraire son camion et poursuivre sa route.
Pour repartir nous sommes passés par Sabrosa (ville natale de Magellan) en empruntant la M323 et gagné Villa Real par la N322. Ici aussi, route très sinueuse avec une moitié montante jusqu’à Sabrosa et une moitié descendante sur Villa Real.
Mais entre les deux quel spectacle ! La vallée du Douro et celle du rio Tua ne se contemplent pas d’en bas. C’est d’en haut qu’il faut les découvrir. Ne pas hésiter à emprunter les multiples petites routes qui les escaladent ainsi que les routes de crêtes. D’ailleurs les plus beaux villages sont ceux les plus haut perchés.
Ainsi de cette fameuse maison l’on a une vue panoramique sur plus de 180° sur la vallée du rio Tua, que ce soit de l’extérieur mais aussi de l’intérieur grâce à ses immenses baies vitrées et à sa terrasse couverte.
Et en plus il existe une excellente table derrière le pilori de Provezende. Oui, vous avez bien lu… Le pilori qui se trouve encore sur la petite place de ce village qui fait face à Gouvães do Douro.
Pour atteindre ce village deux possibilités :
_Rejoindre la M323 et monter en direction de Sabrosa et après quelques kilomètres, dans un virage à droite, prendre à gauche la route fraichement bitumée qui vous conduira directement au village.
_ Prendre juste en dessous de la maison le petit chemin qui conduit à Vilela et Sabrosa. Attention il n’y a aucun parapet sur ce chemin et les accotements sont parfois limite dans certains virages sans visibilité. Au premier carrefour, tourner à droite et aller jusqu’aux premières maisons d’un hameau.
Prendre la première petite route à droite juste après le dépôt de matériel et avant le petit oratoire.
A l’entrée de Provezende, prendre à droite la petite rue qui descend jusqu’à la petite place devant l’église. Il y a un parking à droite et en contre bas. Sur ce parking il y a une fontaine. Regardant la vallée face à cette fontaine, vous pivotez sur votre droite et découvrez une boutique peinte en jaune. C’est la boulangerie.
Le resto diriez-vous ? J’y viens. C’est la petite porte tout à droite derrière le pilori. C’est écrit « Papas Zaide » sur une plaque noire. Ne pas hésiter à entrer si vous avez réservé car c’est tout petit. Il ne doit pas y avoir 25 couverts répartis entre la salle (minuscule) du rez-de-chaussée et celle du premier étage. Cuisine locale garantie. Mais quelle cuisine et quel accueil ! Vous n’en sortirez pas avec la faim ni le portefeuille amaigri. Gouttez les confitures faites maison, notamment celle au vin. Un délice. Et puis du village vous découvrirez d’autres horizons.
Décor dont je n’ai pas encore parlé alors qu’il m’entoure encore. Des vignes et des oliviers à flanc de côteaux. Bon, les oliviers m’ont fait penser à la Provence. Mais les vignes ! Les vignes ont remodelé ces vallées. Plantées sur les marques de gigantesques escaliers de pierres elles ont sculpté le relief.
Quel du bonheur ces deux jours dans le Douro.
Voici quelques photos pour vous faire une opinion.

18 septembre 2009
Le coup de la panne
Alors que nos écrans sont remplis de gens en lutte pour sauver leur emploi ou d’autres qui tirent le diable par la queue dans l’espoir de seulement survivre, d’autres ont l’air de vivre sur une autre planète, imperméables à ce qui concerne le commun des mortels et se passe autour d’eux.
Il en est ainsi de Véronique Glasset, toujours aussi tête de linotte qu’elle est blonde et d’une futilité incommensurable. Au point qu’il existe des hommes pour croire que c’est une fausse blonde qui joue à la…
Pourtant Thierry Gourreux, son compagnon pourrait affirmer qu’elle l’est véritablement. Il ajouterait que c’est pourtant une femme adorable – et adorée -, attachante, aimante et tout et tout, excellente cuisinière, mais elle a un défaut, elle est enoc de chez enoc, pas fut-fut pour deux sous. Au point que ses bourdes… Oh elle n’en commet jamais deux à la fois, mais elles se succèdent pire que des rafales d’armes automatiques.
C’est ainsi qu’en milieu de semaine dernière, alors que Thierry Gourreux était parti à la recherche de nouvelles voitures à importer, elle n’eut de cesse de prendre le volant d’une BMW X6 qui venait d’être réceptionnée le matin même.
Sans rien demander à personne elle s’installa au volant et prit la route de Vairges la Montagne, mais elle n’y arriva jamais. Six kilomètres avant, la voiture fut prise de hoquet et s’immobilisa. Véronique alluma les warnings et sortit son portable pour appeler le garage.
_ Je suis en panne juste avant Vairges…
_ Nicole, à l’appareil ! Il faut la dépanneuse ?
_ Qu’est-ce vous croyez ? Que j’ vais rentrer à pieds ?
_ Attendez, je vais vous passer Lucien… Lucien ! Y a la patronne qu’est en rade vers Vairges !
_ J’arrive… Allo ! Véro qu’est-ce qui t’arrive ?
_ Bonjour Lucien.
Elle ne se formalisait pas que Lucien la tutoie. Faut dire qu’à 66 ans il était un pilier sûr du garage et l’avait fait sauter sur ses genoux quand elle était petite. Il fut parfois son confident dans les mauvais moments de ses amourettes adolescentes.
_ Le moteur s’est arrêté d’un coup, reprit-elle.
_ T’as pris quoi comme voiture ?
_ Le nouveau 4x4 qu’est arrivé ce matin, pourquoi ?
_ T’as du couler une manivelle ! J’arrive, le temps de sortir le plateau.
…
Et c’est ainsi que près de vingt minutes plus tard Lucien arrive avec le plateau du garage.
_ Alors, comme ça, le moteur s’est arrêté d’un coup ?
_ Oh, il a un peu toussé avant.
_ Ouvre le capot.
_ J’ fais comment ?
_ Laisse moi faire. Descends et regarde.
Il s’installa au volant et mit le contact. Il vit tout de suite de quoi il retournait vraiment mais n’en dit mot. Il actionna la commande du verrou et descendit du véhicule. Il souleva le capot et se pencha sur le moteur. Fit semblant de toucher un fil et de s’intéresser à quelque chose de particulier. Faut dire qu’avec ce genre d’engin, pour voir quelque chose faut l’ordinateur portable pour faire le diagnostic puis hotter nombre de caches pour accéder à la mécanique proprement dite. C’est dire qu’un diagnostic fait à vue de nez n’avait aucune valeur, sauf pour la Véro.
_ C’est bien ce que je pensais lui dit Lucien en refermant le capot. T’as coulé une manivelle.
_ C’est quoi une manivelle ?
_ C’est ce qui sert à lancer le moteur à froid. Tu l’as fait avant de partir ?
_ Ben non, juste tourné la clé de contact. … Comme avec les autres.
_ Malheureuse ! Thierry va te faire une scène quand il rentrera… Et il se détourna pour ne pas qu’elle le vit sourire.
Il chargea le 4x4 sur le plateau et invita Véronique à le rejoindre dans la cabine. A la vue de son air déconfit, il lui dit.
_Tu ne changeras donc jamais, ma p’tite Véro ?
_ Pourquoi ?
_ T’as pensé à faire le plein avant de partir ?
_ Non. Pourquoi ?
_ Parce qu’une voiture neuve a très peu d’essence lorsqu’on la livre. Et t’es tombée en panne de carburant. C’est tout.

