10 novembre 2009
Le coup de pinceau
Pendant que le pompiste fait le plein de son Izoard, Eugène Herratteur découvre le nouveau garage Simca devant lequel il a du s’arrêter. D’habitude il faisait le plein chez Laurette à la Culée sous Bois, 50 km plus tôt, mais avec son nouveau camion, il fait plus de kilomètres qu’avec l’ancien.
Malgré tout, prudent il s’est résigné à s’arrêter pour ravitailler. Le nez en l’air il regarde un ouvrier qui termine la pause d’une enseigne sous l’œil acéré d’un trio endimanché.
Doivent-z-être le patron, l’archi et le proprio. Pensa-t-il.
_ Et y en a pas-z-un pour …
_ Pour quoi au juste ? Hein, Eugène, t’es comme ma femme, tu termines jamais tes phrases.
_ Salut Raymond, t’avais point vu derrière mon bahut. T’es dans le coin ?
_ Ouais, j’ suis avec mon équipe qui refait le goudron derrière. Ceux qui l’ont fait avant l’ont tout salopé. Tu disais ?
_ Ben, pour relever la connerie qu’est écrite la d’sus.
_ Où ça ?
_ Ben, l’enseigne qu’est tout’ neuve.
_ Quoi ? Garage du Cernois ?
_ Ouais… Tu vois pas ?
_ Non…
_ Et si j’ t’ dis Serre… Non, plutôt comment t’écris …
_ D’ac’. J’ai pigé. T’as raison j’en est mal aux miennes.
_ Tu vois. J’ parie qu’ c’est un gars d' la ville qu’à trouvé c’nom.
_ Mais pas du tout Gégène… C’est Manu.
_ Qui ça ?
_ Manu Tansion, le livreur de la Coop de Cernés qu’est au conseil avec moi et qu’est adjoint. Il a fait partie de la commission.
_ Pas la grosse, j’espère …
_ … Non. T’es en forme aujourd’hui.
_ Tu l’ féliciteras de ma part. Pouvait pas trouver mieux ?
_ Ils ont ramé pendant trois mois avant de trouver ce nom. Paraitrait même qu’on leur a dit qu’il sonnait bien en bouche…
_ Tu veux dire à l’oreille ?
_ ??? Euh ! Oui, t’as raison… à l’oreille.
_ Y sonne peut-êt’e bien mais ça reste une connerie. Vont pas avoir beaucoup d’amateurs. Bon faut qu’ j’y aille maintenant. Salut Raymond et fais gaffe aux tiennes…
_ Toi aussi Gégène… Bonne route.


09 novembre 2009
Un nouveau nid pour l'Aronde
Paul Hyttick était fou de rage en raccrochant son téléphone. Il fulminait à n’en plus pouvoir. Il était au bord de l’apoplexie. S’il ne se calmait pas tout de suite il courait à la crise cardiaque ou à l’infarctus. De toute manière cela reviendrait au même. Aussi prit-il la décision de se rasseoir. A l’annonce de la nouvelle, il n’avait fait qu’un bond de son siège et avait violemment reposé le combiné sur son socle. Maintenant il avait les deux poings posés sur le bureau qu’il martelait avec force.
_ Mauricette ! Criat-il.
_ Oui, Patron, j’arrive…
_ Appelez moi Mar...
_ Mais que vous arrive-t-il Patron ? Z’êtes tout rouge !
_ Appelez-moi Marcel !
_ Mais vous z’appelez pas Paul ?
_ Faites pas l’andouille… C’est pas le moment… J’ vous dis de m’appeler Marcel !
_ ???
_ Ben le maire de Cernés.
_Ah, oui... M. Libas ?
_ C’est ça, Marcel Libas…
_De suite, Patron.
_ … A son magasin. Eut-il juste le temps de préciser alors que sa secrétaire quittait le bureau en trottinant.
_ … Allo ! Paul ?
_ Oui Marcel !
_ Que puis-je pour ton service ?
_ Rien mais c’est au Maire de Cernés que je voudrais parler.
_ D’accord. Attends une seconde, je change de combiné. Lui répondit Marcel Libas avant de quitter le magasin d’électro ménager qu’il gère dans le rue Centrale et gagner son bureau à l’arrière de l’immeuble. J’y suis. Le Maire de Cernés t’écoute.
_ J’ai une mauvaise nouvelle à t’annoncer, lui lança tout de go Paul Hyttick qui commençait à s’énerver à nouveau.
_ Qui est ?
_ Qu’on m’a refusé la concession Simca !
_ Hein ?!?
_ Et oui, ces abrutis de Poissy m’ont jeté comme un malpropre. Z’ont pas voulu me donner le panonceau.
_ Et alors ?
_ Alors ? … Ben, mon projet de m’agrandir et de m’installer chez toi, du coup il tombe à l’eau !
_ Bah ! T’en fais pas pour la commune nous avons déjà quelqu’un pour te rem…
_ QUOI ???? T’as déjà quelqu’un !
_ oui …
_ Perdez pas vot’ temps vous autres.
_ Oh ! Calme toi un peu tu veux bien ? La commune y est pour rien. Ça fait des mois que …
_ Que quoi !!!
_ Ben, qu’on est en contact avec le futur concession…
De rage, Paul Hyttick avait raccroché, ne voulant pas en entendre davantage. Il avait été doublé. Il s’écroula dans son fauteuil et tenta de se calmer.
Pour comprendre la situation, il nous faut revenir quelques mois en arrière.
Il y avait longtemps que le projet d’un secteur réservé aux entreprises était dans les cartons du maire de Cernés. Mais je devrais plutôt écrire les projets car s’il(s) avai(en)t germé dans la tête des élus de Cernés, il en était de même dans celles de ceux de Ménoies sous Vairges. Réserver une partie du territoire de la commune où les entreprises pourraient s’installer sans déranger les habitants du village. Les mettre loin des habitations. Les élus de Cernés eurent l’idée de la projeter en limite de Ménoies et ceux de Ménoies en limite de Cernés. De fait leur(s) projet(s) se situai(en)t au confluent du Rubi-Consai et de l’Ondine Obeur.
Comme toujours, les projets les plus secrets sont les premiers connus si bien qu’un jour les maires des deux communes se réunirent pour discuter d’un projet commun. C’est ainsi qu’une entente vit le jour pour arrêter le périmètre de ce secteur et fixer les conditions d’un pacte de non concurrence et s’entendre sur les conditions de son aménagement. Et puis quelqu’un lança l’idée de lui donner un nom. Que n’avait-il pas dit ?
Ce fut pire qu’à Clochemerle. Au point que les deux conseils municipaux menacèrent à tour de rôle de démissionner en bloc si le nom qu’il proposait n’était pas accepté par l’autre. Il fallut désigner une commission de conciliation parce que des pressions étaient apparues de la part d’entreprises intéressées de s’implanter sur le canton. Certains avaient sentis le fromage et en voulait un morceau. De préférence le meilleur et, si possible, le plus gros.
Ce n’est qu’après d’âpres discussions mais aussi de pots vidés qu’un accord se fit jour sur le nom de cette zone, ce serait la zone d’entreprises du Cernois, condensé de Cernés et de Mesnoies.
Mais il y avait un hic. Les terrains ne leur appartenaient pas, mais au sieur Anlon qui vivait au Tonkin, comme on disait encore à l’époque. Lorsqu’il décéda, Maître Liéhaire, son notaire en informa les élus.
Trois ans plus tard, le temps de régler la succession – faut dire que M° Lambrouille, en sa qualité d’avocat d’un des héritiers, était passé par là et avait justifié très largement son patronyme – les terrains devinrent la propriété des deux communes.
Le premier chantier fut la construction d’un pont sur l’Ondine Obeur pour desservir la zone, mais sur Cernés ou sur Mesnoies ? Chaque commune le voulait chez l’autre, pour ne pas avoir à le payer. La chicane reprenait le dessus. Foin d’arbitre ce coup ci. Ce fut un tirage à la courte paille qui décida de qui aurait à construire le pont construire. Ce fut à Mesnoies sous Vairges de s’y coller, en amont du confluent, là où l’Ondine était la plus large !… Merci pour les impôts locaux !!!
Puis vinrent les travaux de viabilisation des lots et leur commercialisation. Et contrairement à leurs attentes, les acheteurs potentiels ne se bousculèrent plus. Loin sans faut. Faut dire à la décharge des acheteurs potentiels que les exigences des communes dépassaient l’entendement. Et les contribuables locaux de supporter l’achat des terrains et leur viabilisation.
Prêt à la vente dès fin 1952, aucun des 17 lots ne trouva preneur avant l’automne 1955.
Jusqu’au jour où se présenta Norbert d’Aure (1) en vue d’y implanter une concession Simca, chose que Paul Hyttick n’était pas parvenu à obtenir sur Cernés le Vieux et projetait sur Cernés.
Mais qui de Cernés ou de Mesnoies, serait la première à vendre une parcelle de terrain ? Trop contents d’avoir enfin un acheteur, les deux maires se livrèrent à de folles enchères pour tenter d’arracher la vente. Mais la bataille était déséquilibrée, Cernés disposant de plus de ressources.
De guerre lasse, le Maire de Mesnoies sous Vairges finit par jeter l’éponge, soulagé au fond de lui, de ne pas avoir à présenter à son conseil municipal l’ensemble des prétentions auxquelles devrait faire face celui de Cernés. Et c’est vrai que Marcel Libas, eut beaucoup de mal à convaincre ses collègues d’accéder à certaines demandes émanant de Norbert d’Aure : lui construire le bâtiment et le lui louer pendant 30 ans, après quoi il en deviendrait propriétaire. Mais la transaction put aboutir.
C’est ainsi qu’il nous est permis aujourd’hui, grâce aux Feuilles défraîchies, les archives de la Feuille de Choux Farcie, de découvrir ces photos prises de cette nouvelle concession Simca que Norbert d’Aure inaugurera aux premiers beaux jours, le printemps suivant.
_(1) Norbert Oscar Honoré Lingo d’Aure-Embart, pour l’état civil



01 novembre 2009
C'est pour le calendrier
C’était en février dernier. Plus précisément le jour de la St Blaise. Alors qu’ils terminaient la préparation de leur Loto traditionnel qui aurait lieu le samedi suivant, les sapeurs-pompiers de Maizy lès Piay se posèrent LA QUESTION… Que fait-on pour le calendrier de l’an prochain ?
Pourquoi cette question métaphysique ? Qu’elle introspection les avait piqués ? Faut dire que le produit de la distribution du dernier calendrier avait connu une certaine baisse, pour ne pas écrire une baisse certaine (- 28 %).
C’est vrai que depuis quelques lustres c’était toujours la photo du corps du centre de première intervention qui servait de support. Pour celui de la Poste c’était les petits chattons, les petits chiots, le cheval ou un paysage.
_ On va quand même pas poser à poil comme les rugbymen, nous aut’es. T’as vu not’e physiqu’. On en vendrait pas un.
_ Ni nos bonnes femmes. Rien que (le poids de) la Nicole t’as la photo qu’y s’ décolle…
_ Peut-être mais faudrait voir à trouver quéque chose. Réfléchissez et vite car dans un mois faudra donner la photo à l’imprimeur.
...
_ Maurice ! J’ crois que j’ai trouvé…
_ Et quoi donc Julien ?
_ Vous vous souvenez des nénettes à poil qu’on a vues à Vairges la Montagne l’an passé ? (1)
_ Ouais, et alors ?
_ Elles reviennent cet été. Et si on en profitait pour prendre des photos avec elles ?
_ Tu crois qu’elles seraient d’accord ?
_ Pourquoi pas…
_ Et combien qu’elles demanderaient ?
_ Oh, pour les pompiers…
_ Faut voir. Qu’en pensez-vous, vous aut’es ?
_ J’ suis pour…
_ Moi z’aussi.
_ Et moi.
_ Pour sûr que j’ suis d’accord.
_Si j’ai bien compris, j’ai pas le choix.
_ Non Maurice, faut qu’ tu t’y colle au plus vit’.
Et c’est ainsi qu’un beau jour de juin dernier, à l’occasion du marché la séance de photos fut organisée et qu’en cette fin d’année les habitants de Maizy lès Piay se rueront sur le calendrier des sapeurs-pompiers.
Cela me rappelle une anecdote.
C’était pour le réveillon de la Saint Sylvestre. Nous étions chez des amis et nous attendions le dernier couple dont le mari était chef du corps des sapeurs-pompiers du chef-lieu. Coup de sonnette à la porte d’entrée. Je suis chargé d’aller ouvrir la porte et là je le découvre en uniforme et aussi sec, je lui dis :
_ Si c’est pour le calendrier, c’est déjà fait. Et je repousse la porte.
Eclats de rire de tous les autres qui ont assisté à la scène.
Et j’ai droit à cet épisode chaque fois que nous sommes à nouveau réunis.
Envoi gratuit du calendrier 2010 du Centre de Première Intervention de Maizy lès Piay sur simple demande à surleblog43(chez) hotmail.fr
(1) voir "Les belles bacchantes" sur fcfretrovision2




17 octobre 2009
Shell que j'aime
Nous sommes dans les années 1960.
Cela fait maintenant quelques mois que Marcel Grasset s’interroge. Il voudrait bien remplacer sa vieille Commerciale mais Simca fait la sourde oreille pour lui en fournir une neuve aux couleurs de la marque. N’est pas concessionnaire, s’est-il vu répondre par un des commerciaux… pas très commercial tout de même. Alors il ronge son frein.
Z’avez pas remarqué en passant devant son garage, que certains jours ça sent les garnitures brûlantes ?
Et puis, un matin, il reçut la visite de Tony Malth, le représentant de la coquille comme il aimait à la dire en privé. Celui de la Shell. Ce devait être important pour que celui-ci se déplace en personne et sans s’être fait annoncer. Aussi se tint-il sur ses gardes et redoubla-t-il d’attention lors de leur rencontre.
_ M. Glasset, attaqua Tony Malth, vous n’êtes pas sans savoir que votre contrat pour la distribution du carburant arrive à échéance dans trois ans…
_ Je sais. Mais nous n’avons que 12 mois de préavis…
_ OK ! Mais si je vous en parle c’est parce qu’un de nos concurrents est en train de démarcher nombre de pompistes pour proposer son enseigne.
_ ???
_ Nous avons appris que déjà plusieurs d’entre eux avaient accepté… Alors que nous voulons conserver les nôtres… Enfin ceux qui marchent bien, comme vous.
_ Et alors ?
_ Nous voulons vous proposez un nouveau contrat d’exclusivité de 10 ans dès maintenant.
Et une très longue négociation de s’engager. Si Hélène Detrois, la secrétaire, n’en perdit pas une miette, collée à la porte qu’elle était, des bribes se firent quand même entendre dans l’atelier lorsque le ton montait. Ce fut long, laborieux, intense mais fructueux.
Côté pétrolier, le contrat d’exclusivité était signé. Grasset resterait sous la coquille.
Et côté Grasset ? Demanderiez-vous…
Ben, il continuera à distribuer du carburant sous le panonceau Shell, mais avec de nouvelles pompes mais aussi et surtout un nouveau break tout neuf. D’accord, il ne sera ni Simca ni aux couleurs de la marque, mais Opel et aux couleurs du garage du pétrolier. Mais ce break ne lui coûtera rien puisqu’offert par la Shell. Faut dire que se sentant en position de force, il avait profité de la situation. Ce n'est pas tous les jours possible.
Quant au fameux concurrent de la Shell. Beaucoup l’on découvert au petit matin avec ses ronds rouges. Ce n’était qu’Elf qui s’affichait à la place de toutes les enseignes qu’il regroupait.

03 octobre 2009
La région du Douro au Portugal
C’est en discutant avec un ami de notre projet de voyage au Portugal que celui-ci nous suggéra d’aller visiter la vallée du Douro, berceau, outre des vins du Douro, des cépages servant à la confection du Porto. C’était une occasion de bien terminer notre séjour. Il nous parla aussi d’une maison d’hôte située à Gouvães do Douro.
Le résultat fut plus qu’à la hauteur de nos espérances grâce notamment à Francisco, en charge de sa gestion, qui fut notre hôte pendant deux jours et à Lisa qui nous fit une excellente cuisine locale (pour gros mangeurs) . Je n’en dirai pas plus sur cette maison, puisque tout est dit sur elle sur http://www.casadegouvaes.com/
Le calme du village et la vue magnifique que l’on a sur la vallée du Douro pour peu que l’on traverse le village et que l’on gagne l’autre versant de la colline (environ 2km) justifient à eux seuls que l’on monte jusqu’à Gouvães do Douro.
A signaler qu’il ne figure pas sur la carte Michelin (édition 2009) n° 591 consacrée au Portugal Nord. En fait il se situe à peu près sous le h de Pinhão.
Pour le trouver j’ai utilisé la fonction « Maps » de Google et j’ai imprimé la carte. C’est d’une bonne précision. Utile lorsque la voiture de location est dépourvue de GPS. Ce qui était le cas.
Il faut quitter Pinhão en direction de Sabrosa par la M323 et après 2 km environ, à l’approche d’un épingle à cheveu virant à droite, prendre une petite route sur la gauche avec un panneau « Casa do Gouvães » carrossable bien que pavée. La maison est à l’entrée du village, face à la « mairie ».
Pour atteindre Pinhão le plus simple est de quitter Porto par l’autoroute en direction de Villa Real puis de prendre celui qui descend en direction de Viseu. Quitter ce dernier à Peso de Régua pour relier Pinhão par la N222 qui remonte le Douro par sa rive gauche.
Mais si vous aimez les routes sinueuses de montagne je vous propose celui que nous avons emprunté.
Quitter l’autoroute venant de Porto après Amarante (sortie 18) où se réalisent d’importants travaux d’aménagement) et prendre à droite la N101 en direction de Mesão Frio puis de Régua. Sur les près de 40 km vous allez – en gros - monter pendant un premier tiers, descendre pendant le deuxième, et suivre le Douro pendant le troisième. Mais quels paysages ! Et quel pied si comme moi, vous ne trouvez pas un camion devant vous. Le premier point de vue intéressant sur le Douro se trouve après Mesão Frio au carrefour où la N101 rejoint la N108.
Une fois sur cette N108 il y a quelques virages étroits où nous avons eu droit au savoir faire des chauffeurs routiers pour se croiser, comme au bon vieux temps sur nos propres nationales. Un chauffeur descend et avec force gestes incantatoires permet à l’autre d’extraire son camion et poursuivre sa route.
Pour repartir nous sommes passés par Sabrosa (ville natale de Magellan) en empruntant la M323 et gagné Villa Real par la N322. Ici aussi, route très sinueuse avec une moitié montante jusqu’à Sabrosa et une moitié descendante sur Villa Real.
Mais entre les deux quel spectacle ! La vallée du Douro et celle du rio Tua ne se contemplent pas d’en bas. C’est d’en haut qu’il faut les découvrir. Ne pas hésiter à emprunter les multiples petites routes qui les escaladent ainsi que les routes de crêtes. D’ailleurs les plus beaux villages sont ceux les plus haut perchés.
Ainsi de cette fameuse maison l’on a une vue panoramique sur plus de 180° sur la vallée du rio Tua, que ce soit de l’extérieur mais aussi de l’intérieur grâce à ses immenses baies vitrées et à sa terrasse couverte.
Et en plus il existe une excellente table derrière le pilori de Provezende. Oui, vous avez bien lu… Le pilori qui se trouve encore sur la petite place de ce village qui fait face à Gouvães do Douro.
Pour atteindre ce village deux possibilités :
_Rejoindre la M323 et monter en direction de Sabrosa et après quelques kilomètres, dans un virage à droite, prendre à gauche la route fraichement bitumée qui vous conduira directement au village.
_ Prendre juste en dessous de la maison le petit chemin qui conduit à Vilela et Sabrosa. Attention il n’y a aucun parapet sur ce chemin et les accotements sont parfois limite dans certains virages sans visibilité. Au premier carrefour, tourner à droite et aller jusqu’aux premières maisons d’un hameau.
Prendre la première petite route à droite juste après le dépôt de matériel et avant le petit oratoire.
A l’entrée de Provezende, prendre à droite la petite rue qui descend jusqu’à la petite place devant l’église. Il y a un parking à droite et en contre bas. Sur ce parking il y a une fontaine. Regardant la vallée face à cette fontaine, vous pivotez sur votre droite et découvrez une boutique peinte en jaune. C’est la boulangerie.
Le resto diriez-vous ? J’y viens. C’est la petite porte tout à droite derrière le pilori. C’est écrit « Papas Zaide » sur une plaque noire. Ne pas hésiter à entrer si vous avez réservé car c’est tout petit. Il ne doit pas y avoir 25 couverts répartis entre la salle (minuscule) du rez-de-chaussée et celle du premier étage. Cuisine locale garantie. Mais quelle cuisine et quel accueil ! Vous n’en sortirez pas avec la faim ni le portefeuille amaigri. Gouttez les confitures faites maison, notamment celle au vin. Un délice. Et puis du village vous découvrirez d’autres horizons.
Décor dont je n’ai pas encore parlé alors qu’il m’entoure encore. Des vignes et des oliviers à flanc de côteaux. Bon, les oliviers m’ont fait penser à la Provence. Mais les vignes ! Les vignes ont remodelé ces vallées. Plantées sur les marques de gigantesques escaliers de pierres elles ont sculpté le relief.
Quel du bonheur ces deux jours dans le Douro.
Voici quelques photos pour vous faire une opinion.

18 septembre 2009
Le coup de la panne
Alors que nos écrans sont remplis de gens en lutte pour sauver leur emploi ou d’autres qui tirent le diable par la queue dans l’espoir de seulement survivre, d’autres ont l’air de vivre sur une autre planète, imperméables à ce qui concerne le commun des mortels et se passe autour d’eux.
Il en est ainsi de Véronique Glasset, toujours aussi tête de linotte qu’elle est blonde et d’une futilité incommensurable. Au point qu’il existe des hommes pour croire que c’est une fausse blonde qui joue à la…
Pourtant Thierry Gourreux, son compagnon pourrait affirmer qu’elle l’est véritablement. Il ajouterait que c’est pourtant une femme adorable – et adorée -, attachante, aimante et tout et tout, excellente cuisinière, mais elle a un défaut, elle est enoc de chez enoc, pas fut-fut pour deux sous. Au point que ses bourdes… Oh elle n’en commet jamais deux à la fois, mais elles se succèdent pire que des rafales d’armes automatiques.
C’est ainsi qu’en milieu de semaine dernière, alors que Thierry Gourreux était parti à la recherche de nouvelles voitures à importer, elle n’eut de cesse de prendre le volant d’une BMW X6 qui venait d’être réceptionnée le matin même.
Sans rien demander à personne elle s’installa au volant et prit la route de Vairges la Montagne, mais elle n’y arriva jamais. Six kilomètres avant, la voiture fut prise de hoquet et s’immobilisa. Véronique alluma les warnings et sortit son portable pour appeler le garage.
_ Je suis en panne juste avant Vairges…
_ Nicole, à l’appareil ! Il faut la dépanneuse ?
_ Qu’est-ce vous croyez ? Que j’ vais rentrer à pieds ?
_ Attendez, je vais vous passer Lucien… Lucien ! Y a la patronne qu’est en rade vers Vairges !
_ J’arrive… Allo ! Véro qu’est-ce qui t’arrive ?
_ Bonjour Lucien.
Elle ne se formalisait pas que Lucien la tutoie. Faut dire qu’à 66 ans il était un pilier sûr du garage et l’avait fait sauter sur ses genoux quand elle était petite. Il fut parfois son confident dans les mauvais moments de ses amourettes adolescentes.
_ Le moteur s’est arrêté d’un coup, reprit-elle.
_ T’as pris quoi comme voiture ?
_ Le nouveau 4x4 qu’est arrivé ce matin, pourquoi ?
_ T’as du couler une manivelle ! J’arrive, le temps de sortir le plateau.
…
Et c’est ainsi que près de vingt minutes plus tard Lucien arrive avec le plateau du garage.
_ Alors, comme ça, le moteur s’est arrêté d’un coup ?
_ Oh, il a un peu toussé avant.
_ Ouvre le capot.
_ J’ fais comment ?
_ Laisse moi faire. Descends et regarde.
Il s’installa au volant et mit le contact. Il vit tout de suite de quoi il retournait vraiment mais n’en dit mot. Il actionna la commande du verrou et descendit du véhicule. Il souleva le capot et se pencha sur le moteur. Fit semblant de toucher un fil et de s’intéresser à quelque chose de particulier. Faut dire qu’avec ce genre d’engin, pour voir quelque chose faut l’ordinateur portable pour faire le diagnostic puis hotter nombre de caches pour accéder à la mécanique proprement dite. C’est dire qu’un diagnostic fait à vue de nez n’avait aucune valeur, sauf pour la Véro.
_ C’est bien ce que je pensais lui dit Lucien en refermant le capot. T’as coulé une manivelle.
_ C’est quoi une manivelle ?
_ C’est ce qui sert à lancer le moteur à froid. Tu l’as fait avant de partir ?
_ Ben non, juste tourné la clé de contact. … Comme avec les autres.
_ Malheureuse ! Thierry va te faire une scène quand il rentrera… Et il se détourna pour ne pas qu’elle le vit sourire.
Il chargea le 4x4 sur le plateau et invita Véronique à le rejoindre dans la cabine. A la vue de son air déconfit, il lui dit.
_Tu ne changeras donc jamais, ma p’tite Véro ?
_ Pourquoi ?
_ T’as pensé à faire le plein avant de partir ?
_ Non. Pourquoi ?
_ Parce qu’une voiture neuve a très peu d’essence lorsqu’on la livre. Et t’es tombée en panne de carburant. C’est tout.

12 septembre 2009
Les(nouveaux) pestiférés
AVERTISSEMENT
Je ne voudrais pas que certains lecteurs soient choqués par la futilité du sujet à l’heure où la crise économique continue et que nombre de salariés cherchent du travail ou risquent de perdre le leur. Je partage leur crainte et leur inquiétude. Mais je me devais de ne pas rester silencieux devant la généralisation d’un procédé commercial étrange, à deux vitesses.
Histoire sans images
Nous sommes dans la salle du restaurant « la Fourchette » où Jean Aymar du Tacot, président du … a convoqué la presse.
_Monsieur le Président, pourquoi cette conférence de presse en marge de la manifestation ?
_ Parce qu’il y en a assez que l’on nous prenne pour des pestiférés. Je vous rappelle que la dernière épidémie de peste a été enrayée bien avant 1750.
_ Je ne comprends pas ?
_ Nous sommes ici du mauvais côté du pont.
_ … ???
_ Oui, la France est une nouvelle fois coupée en deux. Au niveau du pont sur l’Ondine-Aubeur. De l’autre côté du pont, au Nord, ils auront les camions dès la semaine prochaine. Nous de ce côté, au Sud, que dans six mois environ.
_ Et alors ?
_ Je vais vous faire un dessin… C’est à dessein qu’un nouvel éditeur a pris la décision de diffuser une nouvelle collection en deux temps, dès le 22 septembre prochain pour le Nord de la France et, certainement dans six mois, dans le Sud. Ce seront encore les mêmes collectionneurs qui devront encore une fois attendre et baver devant les modèles achetés par les autres.
_ Oui, mais ils peuvent s’abonner…
_ Peut-être, mais ils devront payer en plus les frais d’envois. D’où un surcoût pour eux, mais surtout, ils ne recevront leurs miniatures qu’après ceux qui les auront acheté chez un pressier.
_ Et où est le problème ?
_ Le problème, si problème il y a... Appelons la chose comme ça si vous le souhaitez... C’est que si un éditeur veut privilégier l’abonnement à tout autre mode de diffusion, il devrait tout mettre en œuvre pour que l’abonné s’y retrouve. Déjà certains éditeurs incorporent le prix d’envoi dans le prix d’achat. Ici ce n’est pas encore le cas semble-t-il. Et…
_ C’est pour ça que … ?
_ Permettez, je termine… Et, disais-je, l’éditeur devrait servir ses abonnés avant les pressiers. Or c’est l’inverse qui se produit, vu que, pour limiter les frais d’envoi, les miniatures ne sont expédiées que par deux ou trois à la fois. A raison d’une parution tout les quinze jours, vous voyez le décalage.
_ D’accord, mais pourquoi… ?
_ Pourquoi ils font comme ça ? Faut le leur demander. Mais je pense que leurs actionnaires devraient réfléchir à un peu plus long terme que leur courte vue, car à vouloir toujours plus de dividendes et plus vite encore, ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.
_ Vous pouvez expliquer ?
_ Bien sûr… C’est saint Pognon qu’ils veinèrent ou si vous préférez saint Brouzouf. Il leur en faut toujours plus. Et comme les ventes ne sont pas extensibles à l’infini, ils demandent à ce qu’on rogne sur les frais. D’où la situation que l’on connait avec cette diffusion en deux temps. Et je ne parle pas de l’évaporation des modèles en cours de distribution.
_ C’est quoi l’évaporation ?
_ Ce n'était pas l’objet de notre manifestation. Mais bon, je vous explique en deux mots. Imaginez une pyramide. Sa pointe c’est le stock à diffuser, disons de 10.000 pièces, et tout en bas, à la base, ce sont les centaines de points de vente. Le sommet est relié à la base par des intermédiaires. Et que constatons-nous. C’est qu’à l’arrivée, sur les 10.000 pièces, il est arrivé que le total distribué ne fasse plus 10.000. Il y a eu disparition d’un certain nombre d’unités. Et dans le même temps certaines apparaissent dans un circuit parallèle. Voilà ce que j’appelle l’évaporation.
_ Merci pour cette explication. Mais revenons à la diffusion proprement dite. Que lui reprochez-vous de fait ?
_ Ce que nous lui reprochons est pourtant simple. A vouloir rogner sur les frais de distribution pour satisfaire les actionnaires, un éditeur se coupe d’une partie de sa clientèle qui se lasse d’être le « parent pauvre » de ce système pour les raisons déjà évoquées. Car ce sont encore ceux qui se trouvent au sud d’une ligne imaginaire qui sont touchés.
_ Pardon ?
_ Ben oui, il semble que l’histoire se répète une fois de plus. Le Sud est la victime expiatoire d’on ne sait quelle faute. Celle d’avoir été touché le premier par la peste ? De ne pas avoir été occupé tout de suite pendant la dernière guerre ? De compter trop de retraités? Ou on ne sait pas quoi d’autre. Toujours est-il que ce sont les mêmes collectionneurs qui devront attendre le nez devant la vitrine de magasins fermés. A force ils vont se détourner des dernières collections presse.
_ Et que pouvons nous faire pour vous aider ?
_ Que la frontière qui sépare le canton de Piay de celui de Cernés soit supprimée car les distributeurs dont ils dépendent sont de part et d’autre de celle-ci. Celui de Cernés est au Nord et livrera les camions, celui de Piay ne les distribuera que dans six mois vu qu’il est au Sud…
Je voudrais interpeler par votre biais, tous les hommes politiques, qu’ils soient députés, sénateurs, députés européens, ou autres, qui pourraient relayer ce message. Il doit bien s’en trouver deux ou trois qui soient collectionneurs de miniatures. Je voudrais les interpeler pour qu’ils interviennent auprès de Bruxelles et des personnes compétentes pour permettre, voire imposer, la libre diffusion des collections presse à travers toute l’Europe et faire ainsi disparaître les guettos nationaux actuels. Pourquoi n’est-il pas possible à un collectionneur français de s’abonner à une collection presse italienne ou espagnole et à un italien de s’abonner à une collection française ? A l’heure de la mondialisation du commerce il existe encore des cloisonnements internes d’un autre temps qui font le bonheur d’un commerce parallèle. Et un autre que l'on vient de créer entre français. Qu’ils en profitent pour supprimer la division de la France en deux zones. Je sais, c'est de la pure utopie, le temps d'obtenir ce résultat, les collections presse seront passées de mode depuis bien longtemps, mais il est beau de rêver et d'y croire. Je les en remercie par avance.
10 septembre 2009
Ligne Océane
Ou : Une vignette chasse l’autre
Certes c’est un raccourci très casse-gueule que celui-ci mais il permet de gagner du temps. Et comme le temps c’est de l’argent. Il en fait gagner à l’Etat.
Et allez donc, le Trebor s’est encore emballé sur une de ses idées fumeuses. Faut dire qu’il doit se dépêcher vu que le prix des cigarettes va encore augmenter. S’en fout qu’il répond vu que ça fait bientôt 25 ans qu’il ne fume plus.
Non, c’est question de taxes… Faut dire que tout se joue sur trois années. 1956 , Paul Ramadier, alors ministre des Finances fait instaurer la vignette automobile, soit disant pour venir en aide aux personnes âgées. 1958 dernière année de la vignette vélo.
Et oui les jeunes, on aurait du fêter en cette année 2009 le cinquantenaire de la suppression de cette « vignette ». Bout de carton qu’il fallait acheter chez le buraliste pour avoir le droit de circuler à vélo. Ça parait incroyable de nos jours, et pourtant il a fallu s’en acquitter sous peine de contravention. Et si vous êtes aussi septiques que certaines fosses, il vous suffit d’aller visiter le musée de l’automobile de Rochetaillée (69) pour vous en convaincre. Vous trouverez au bout d’un couloir, sur votre droite, un tableau en contenant un grand nombre.
C’est bien beau tout ça mais quel rapport avec notre affaire ?
Le rapport ? Dites-vous ? Il se trouve dans les dates. C’est pour les années modèles 1956, 1957 et 1958 que Simca a produit son Aronde 1300 à ligne Océane. Celle que beaucoup attendent encore aujourd’hui en miniature.
Alors reportons nous en 1957 par exemple, à Cernés le Vieux. C’est là que se trouve pour quelques années encore le garage de Paul Hyttick, agent Simca du coin. A cette époque l’aménagement du carrefour n’était pas encore réalisé et Paul Hittick jouissait d’un bel espace qui lui servait de parking. Quelques années plus tard, la commune reprendra son bien pour aménager une place et le carrefour.
Il faut préciser pour nos jeunes lecteurs que dans les villages et les petites villes, il y a cinquante ans les voitures se comptaient souvent sur les doigts des deux mains et les rues n’étaient pas encombrées comme de nos jours. Le stationnement y été aisé. Et le garagiste n’avait que rarement une voiture en exposition. Souvent c’était celle qui allait être livrée à un client qui faisait fonction de modèle de démonstration.
C’est ainsi que ce jour là Paul Hyttick s’apprête à remettre les clés d’une Elysée toute droit arrivée par la route de Poissy. C’est un de ses employés qui s’est chargé de la chose. Un moyen de s’assurer que rien ne cloche sur cette voiture toute neuve.
C’est Olivier Tartin qui l’a commandée il y a un peu plus de trois mois. Pour remplacer sa grosse Vedette de 1952. Faut dire que côté fiscalité ce n’était pas un cadeau, et côté pompe, c’était une gloutonne, alors que sur la route, c’était plutôt le genre pachyderme. Mais c’était une belle occase qu’il avait achetée dix huit mois plutôt.
Nous le voyons écouter la présentation faite par Paul Hyttick alors que parmi les badauds se trouve Oreste Olli qui succombera lui aussi aux charmes de la ligne Océane qui lui inspirera aussi une gamme de produits cosmétiques.
(cf. Tome I – n° 601 – Le nénuphar à des roulettes)

05 septembre 2009
sans commentaires

02 septembre 2009
Une aronde fait le printemps
Depuis son installation à la communale, Hubert Grimore, le nouvel instituteur et directeur de l’école, disparaissait chaque jeudi matin pour ne réapparaître que le vendredi à la reprise des classes. Cela intriguait beaucoup la population et surtout les mères des élèves. Pensez, c’était un vieux célibataire de 43 ans. Plutôt bel homme mais commençant légèrement à se vouter. Et puis ses lunettes de myope lui donnaient un air.
_ Ben oui, comme un air de …
_ Un air de quoi ?
_ Vous voyez bien, un air, quoi !
_ Si vous le dites.
_ Paraitrait que … Certains l’ont vu à la ville qui …
Les ragots allaient bon train. Il n’aura pas froid cet hiver. Et pourtant. Si les gens oubliaient leur mesquinerie. S’ils savaient exactement ce qu’ Hubert Grimore fait chaque jeudi.
C’est que l’Hubert est un féru d’histoires. Non, pas besoin du « s » à histoires, mais un « H » majuscule. Oui d’Histoire. Voila qui est mieux.
Faut vous dire qu’il est natif de Mézidon-Canon (Calvados) et qu’à ce titre il s’est mis en tête de voir s’il n’y aurait une similitude sur l’origine du nom de Maizy lès Piay avec celle de son village natal.
Cela fait maintenant presque six mois qu’il cherche, et cherche dans les vieux ouvrages. Et par ce jeudi de mars 1957, il trouve ce qu’il cherchait sur un vieux grimoire que lui a présenté l’archiviste. Fut un temps, Maizy ne s’écrivait pas encore ainsi, mais Mézi -Tombée. Et en remontant encore plus avant il trouva le patronyme de Mezi-Johan. Cela remontait aux environs de l’an 1100. Il avait trouvé.
Cela voulait dire, la maison de Johan, la maison de Jean dirions nous aujourd’hui.
Il était aux anges. Son effort était couronné de succès. Et tout à l’euphorie de sa trouvaille, il ne fit pas attention à la camionnette du patti qui arrivait sur sa gauche à son débouché sur la nationale à l’entrée de Piay. Malgré un coup de volant il ne put éviter le contact et son Aronde furt rayée par l’aile de la camionnette.
J’ai gagné ma journée se dit-il en constatant les dégats.
_ Et dire que demain je devais la troquer contre l’Elysée qui m’attend au Méridien…
Le voici en train de s’entretenir avec Marius Glasset, l’agent Simca de Maizy lès Piay, sur le coût de la réparation de sa voiture alors qu’un ouvrier termine la mise en route de celle qui va la remplacer.

Info glanée sur le site de la commune de Mézidon-Canon (Calvados) :
Canon, commune gérée par des prêtres, est l'un des points d'appui utilisé par Odon Stigand pour construire une forteresse stratégique au bord de la Dives, à la demande en 1050 du duc de Normandie, Guillaume le Bâtard. Odon met en place autour de cette forteresse une baronnie, et il devient le premier baron de Mézidon - domaine ou maison d'Odon. Vers 1050, de retour d'une croisade, il fonde Mézidon. Très marqué par la mystique chrétienne, il construit le prieuré Sainte-Barbe à la suite de la guérison miraculeuse de l'un de ses fils. Celui-ci, deuxième baron de Mézidon après la mort en 1066 de son père, continue à donner un fort caractère religieux à la contrée. Collégiales, prieurés, églises se développent, et toute la Normandie accourt dans cette région de miracles. Canon est surtout connu pour son château et son église. Édifié au XVIIe siècle, le premier château a été détruit puis reconstruit au XVIIIe siècle par Élie de Beaumont et présente un mélange de styles, classique et anglais.
